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Final Account

Posted on 20 mai 2021 by Élie Castiel

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 21 mai 2021

SUCCINCTEMENT.
Portrait de la dernière génération vivante de personnes ayant participé activement au Troisième Reich d’Adolf Hitler.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Élie Castiel

Ce n’est pas vraiment le cas de toutes les personnes interviewées, mais de la grande majorité. Ils ne regrettent rien. Leurs propos reflètent une époque, un lieu, une Europe de la débâcle morale, déshumanisée, un monde parallèle où le fascisme ordinaire rejoint le commun des mortels pour en faire des monstres. Ils vivent, ils aiment. Ils sont comme tout le monde, mais le racisme est présent dans toute sa banalité. L’autre, l’étranger, celui qui n’appartient pas à la race élue ne mérite pas de vivre. Selon le dogme du régime nazi, l’un des plus effroyables de l’Histoire du siècle dernier.

Elles étaient jeunes et belles, ils étaient jeunes et forts. Et ils ont fait partie des jeunesses hitlériennes et plus tard, ont joint certains camps de la mort, pour commander, ou la Waffen-SS, au nom de la morale de l’époque. Le titre de l’ultime film de Luke Holland, mort peu de temps après le tournage est un chant du cygne, plus encore, un témoignage, un bilan, titre du film en français, où le documentariste pose en quelque sorte la même question, sous des angles différents, à une série de personnes qui ont vécu cette ère de l’inimaginable et de l’horreur. De l’indicible.

Une façon de soutenir le banal et l’effroyable.

Les héritiers

de l’indicible

Ces témoins d’une époque se souviennent comme s’il s’agissait d’hier, comme si les souvenirs qui les hantent ou au contraire, les obsèdent encore, font partie de leur ADN. Comme celui qui ne regrette rien, croit encore au pouvoir du Führer, mais pense néanmoins que la solution finale aurait dû être autre.

Différents modes de pensée, mais dans l’ensemble, arrivés à un stade de la vie où on n’a plus rien à perdre ou à gagner, des faux regrets sans doute, des témoignages hallucinants de vérité, comme s’il s’agissait de parler d’un film, d’un récit de fiction. Certains, ceux qui ne regrettent rien, sont les plus sincères, mais dans le même temps nous confirment l’état du monde d’aujourd’hui, alors que ces obsessions semblent revenir à la surface.

La mise en scène, Holland l’a voulue selon une approche traditionnelle car plus que tout, c’est le propos qui compte, son contenu narratif, les contradictions, les souvenirs qui prennent parfois une tournure autre que la vérité, des histoires qu’on invente peut-être.

Holland insiste face à ces témoins à charge, se complaît à les provoquer, se comporte en dictateur de la caméra. Des documents d’archives viennent soutenir le banal et l’effroyable. Peu de documents, mais des récits éloquents, déposants d’une morale sans morale, garants d’une époque où le populisme atteint des proportions alarmantes.

Des documentaires sur l’Holocauste, il y en a eu des centaines, certains se ressemblent et ne sont que des redites, sans doute nécessaires, mais avec Final Account, nous sommes devant un ensemble de protagonistes qui ont rarement, ou peut-être jamais, exprimé leur soutien à un des pires régimes de l’Histoire du 20e siècle. Déroutant. Inquiétant si on tient compte de l’état actuel de notre société.

Une séquence d’archives montrant l’incendie d’une synagogue au cours de la fameuse nuit de Cristal et une autre se passant à Wannsee, à l’endroit même de la fameuse Conférence, donnent froid dans le dos.

Des documentaires sur l’Holocauste, il y en a eu des centaines, certains se ressemblent et ne sont que des redites, sans doute nécessaires, mais avec Final Account, nous sommes devant un ensemble de protagonistes qui ont rarement, ou peut-être jamais, exprimé leur soutien à un des pires régimes de l’Histoire du 20e siècle. Déroutant. Inquiétant si on tient compte de l’état actuel de notre société.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Luke Holland

Direction photo
Luke Holland

Montage
Stefan Ronowicz

Musique
Dirac Sea

Luke Holland, décédé peu après le tournage.

Genre(s)
Documentaire

Origine(s)
Grande-Bretagne
États-Unis

Année : 2020 – Durée 1 h 34 min

Langue(s)
V.o. : allemand / s.-t.a. ou s.-t.f.

Le bilan

Dist. [ Contact ] @
Les Films Séville

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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