ÉVÈNEMENT
[ Cinéma ]
texte : Pascal Grenier
Cinq raisons
de regarder
dans
le rétroviseur
Il fut un temps où les festivals réservaient les projections de patrimoine aux cinéphiles les plus aguerris, dans des salles à moitié remplies où l’on venait davantage par devoir que par plaisir. Heureusement, cette époque est révolue. Depuis quelques années, la section Fantasia Rétro est devenue l’un des rendez-vous les plus stimulants du festival, au même titre que les premières mondiales et les découvertes les plus audacieuses. Ce qui n’était au départ qu’une programmation parallèle s’est imposé comme un véritable événement, permettant à toute une génération de découvrir sur grand écran des œuvres majeures dans des restaurations souvent éblouissantes, tandis que les cinéphiles de longue date peuvent enfin revoir ces classiques dans des conditions qu’ils n’auraient jamais osé espérer.
Cette 30e édition ne fait pas exception et confirme une fois de plus l’intelligence de cette programmation qui refuse le confort des classiques mille fois diffusés. Ici, pas de choix paresseux ni de titres attendus. Fantasia préfère mettre en lumière des films parfois oubliés, parfois méconnus, mais dont la puissance est demeurée intacte. Une véritable déclaration d’amour au cinéma de genre dans toute sa diversité. Cette année, c’est particulièrement du côté de Hong Kong que les réjouissances s’annoncent exceptionnelles.
Le premier arrêt s’impose avec The Delinquent, fascinante coréalisation de Chang Cheh et Kuei Chih-Hung, deux figures incontournables de la Shaw Brothers, mais aux sensibilités pourtant très différentes. Le premier restera éternellement associé à ses épopées de sabreurs héroïques, notamment la mythique trilogie du Sabreur manchot, tandis que le second demeure un maître incontesté du cinéma d’exploitation hongkongais grâce à des œuvres aussi radicales que The Boxer’s Omen.

The Delinquent
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