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Peut-être pas au rythme quant au nombre de spectateurs comme on l’aurait voulu, mais bien accueillis dans le temps-écran qui leur est alloué, chose impensable il y a quelque temps.
Qui sont les Vortex Media, la Distributrice de films, Well Go USA, Game Theory Films, FilmsWeLike (ce distributeur ontarien, tout de même connu) et autres consorts qui croient, dans un sens, rêver.
RÉSUMÉ SUCCINCT Un homme annonce à ses proches qu’il a demandé l’aide médicale à mourir.
ANGLE | CRITIQUE |
texte : Luc Chaput
★★★
Par un après-midi ensoleillé, une voiture rouge arrive dans le stationnement d’un chalet. Un jeune homme en descend et ferme les dispositifs de l’auto. Il sonne puis entre dans la maison. Son arrivée suscite un autre malaise.
Un seul être
vous manquera…
Le canevas de la productrice Denise Robert et de Louis Bélanger comportait des scènes non dialoguées entre des personnages. Des acteurs, à qui ils offrirent les rôles, intrigués par la proposition, construisirent donc les fondements de ces êtres. Des épisodes formateurs ou des moments plus courts imprègnent leurs improvisations. Laurent, ingénieur du son à la retraite et en forme, a décidé de mettre fin à sa vie par l’aide médicale à mourir.
Rémy Girard apporte donc à ce rôle le rappel entre autres d’Édouard, professeur d’histoire atteint de la maladie d’Alzheimer dans Tu te souviendrais de moi. Sa vitalité apparente, mue par quelques chansons de Charlebois, est en contradiction avec sa décision et c’est là le moteur essentiel de la proposition. Son monologue, dans le garage de la maison de son voisin et ami Martin, arrive tard dans le déroulé mais permet de synthétiser l’histoire de ce rapport à la vie, aux divers ennuis et maladies et aux choix qui surgissent tout au long de notre existence.
Une annonce plutôt stupéfiante.
La mise en situations de l’intrigue garde un coté théâtral assumé avec les unités de lieu et de temps. La mise en scène de Louis Bélanger (Post Mortem), par les changements idoines de plans dus à la caméra de Jérôme Sabourin, souligne certaines attitudes de ce quatuor qui devient un quintette dans la dernière partie. Les dialogues improvisés, retravaillés au fil de quelques prises, oscillent entre le banal, l’émotif, le concret et des affrontements sur des questions secondaires qui prennent une plus grande place. L’humour vient en grande partie des exagérations et des expressions employées qui synthétisent ou recadrent le propos.
Cette œuvre différente dans sa conception ne suscitera peut-être pas autant de discussions publiques que la conceptrice et productrice l’aurait souhaitée. Ce long métrage est un autre exemple de la faculté du cinéma québécois à emprunter d’autres sentiers plus risqués.
La disposition des lieux permet des sorties de scène plus ou moins élégantes et la formation de duos qui rajoutent un autre coloris à l’action. Les interprètes, choisis pour leurs facultés d’improvisation reconnue et incarnant divers types de personnes forment une troupe dans laquelle l’esprit de corps est évident. L’incongruité de la scène du testament en présence du futur défunt bien vivant est accentuée par le jeu de Guylaine Tremblay en notaire très verbo-motrice.
Cette œuvre différente dans sa conception ne suscitera peut-être pas autant de discussions publiques que la conceptrice et productrice l’aurait souhaitée. Ce long métrage est un autre exemple de la faculté du cinéma québécois à emprunter d’autres sentiers plus risqués.