The Secret Chord
@ Centre Segal

CRITIQUE
[ Scène ]

texte : Élie Castiel

★★★ ½

 

A Leonard Cohen Experience

 

Face à un monde polarisé, victime d’un populisme des plus décriés, notamment par une intelligentsia, elle aussi victime d’un gauchisme mal orchestré, des conflits qui s’éternisent et des gens qui ne savent plus à quels saints se vouer, se tourner vers des spectacles rassembleur peut servir de palliatif provisoire pour continuer son chemin.

 

À pied d’œuvre

 

The Secret Chord : A Leonard Cohen Experience est un spectacle majoritairement chanté, sur des airs écrits par Leonard Cohen, le Juif le plus aimé au monde : pour ses airs universels, sa plume inventive, sa vision du monde, son amour inconditionnel des femmes et sa verve envers soi-même. Homme d’écriture, parolier, chanteur, bon-vivant, et pourquoi pas, farouchement méditerranéen, Grec par adoption pour un certain temps, à une période de sa vie, embrassant la foi bouddhiste ou quelque chose comme ça. Les expériences multiples soudent sa vie sur terre, réorganise ses poursuites amoureuses, parce que le temps qu’elles durent, elles perdurent dans le temps.

L’ensemble du casting dans un délire jubilatoire.
Crédit : @ Marie-Andrée Lemire

Quand l’envie lui vient de ces retours épisodiques à Montréal, c’est pour des raisons issus de son héritage : d’une part pour que ses fans, nombreux, de toutes les classes, ne l’abandonnent pas ; mais aussi pour ne pas oublier ses racine juives, plus par signe identitaires que par rituels religieux organisés.

Les chansons interprétées par des interprètes magnifiques, trois hommes et deux femmes : Beau Dixon (alter ego de Cohen), Andrew Penne et Michael Totontow s’adonnent à un jeu de séduction, de charme et de nostalgie à un public conquis d’avance ; Divine Brown, d’une force équilibrée et Emily Schultz, au charme triomphant, sont les deux seules présences féminines qui donnent au spectacle ce complément d’âme nécessaire.

Tout compte fait, il s’agit d’un spectacle où l’état d’esprit demeure une soupape de sécurité émotionnelle.

Dommage la mise en scène solide de Frank Cox-O’Connell ne soit pas consolidée par la projection vidéo dont on ne retient que des interstices. Plus positif, inutile de vous dire quelles chansons sont célébrées, incluant celles cultes, mais revampées selon une nouvelle tournure qui les rendent encore plus saisissantes et, pourquoi pas, éternelles.

Même si j’avoue ne pas être un inconditionnel de l’esprit-Cohen, force est d’admettre que le documentaire sur sa vie a laissé des traces indélébiles dans mon esprit.

Tout compte fait, il s’agit d’un spectacle où l’état d’esprit demeure une soupape de sécurité émotionnelle.

FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Création
Frank Cox-O’Connell

Marni Jackson, Mike Ross
Mise en scène
Frank Cox-O’Connell

Interprètes
Divine Brown, Beau Dixon
Andrew Penner, Emily Schultz
Michael Torontow / Musiciens :
Jacob Gozhaltsan, Tom Moffett
Brett Higgins, Jamie Drake

Éclairages
Simon Rossiter
Tim Rodriguez, Andrés Castillo Smith

Diffusion & Billets
Segal Centre
(Salle principale)
Durée
1 h 30 min
(Sans entracte)
Jusqu’au 25 octobre 2026

Achraf El Abed + Kaia Portner
@ Tangente

CRITIQUE
[ Danse ]

texte : Élie Castiel

 

Achraf El Abed –
Se prendre en charge.
Crédit : @ B. Maidana

Howa walla heya / Cote : ★★★★

D’origine maghrébine, plus précisément de la Tunisie, Achraf El Abed possède un sacré culot, une énergie farouche, un sentiment rare de se jeter à nu face à une proposition qui pourrait lui échapper. Ce n’est point le cas, Achraf, de toute bonne foi, déconstruit ses peurs qui deviennent, comme par magie, des assurances, des velleités fantasmées, des signes d’affirmation autant personnelle que sociale.

Déjà, le titre de sa chorégraphie veut dire « Lui ou Elle », le masculin ou le féminin, être homme ou femme. Et pourquoi pas, métaphoriquement, les deux à la fois. Une autonomie qui s’empare de lui comme pour souligner son propos face à une société peu tolérante. Howa wala Heya n’est pas seulement un spectacle chorégraphique accompagné de tonalités musicales de cette partie du monde, mais aussi, si l’on observe bien les mouvements et on suit les sous-titres projeté sur l’écran, de deux côtés de la scène, force est de souligner que le spectacle dépasse les explications que donne l’artiste sur sa création.Suite

Adamo en tournée
@ Sherbrooke-Brossard-Gatineau-Québec

CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel

★ ★ ★ ★

 

Les années 60, une autre façon de dire 1960, en termes de musique populaire, c’est celle des baby-boomers, ces enfants de l’après-guerre dont la devise principale est l’insouciance, les premières amours, une sorte de naturel créé par cette atmosphère de paix, bien que des conflits extérieurs perdurent un peu partout dans le monde, mais à petite échelle, quelque chose comme ça. Certes, les conflits armés ne cessent d’exister, c’est une situation pérenne comme si ça faisait partie de « l’ordre et la sécurité du monde ». Une sorte d’ADN compulsif dont ne ne peut s’en débarrasser.

 

« c’est ma vie…

c’est ma vie…

je n’y peut rien… »Suite

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