Le Point |.| 25
du Ven 20 au Jeu 26 juin 2025

Et vogue
le navire

Il fut un temps où les nouvelles sorties-cinéma hebdomadaires étaient plus nombreuses, mais le phénomène ne s’est pas atténué pour autant tenant compte de tous ces réseaux spécialisés et des nouvelles habitudes de visionnage parmi les nouveaux spectateurs.

Inutile de rappeler que les exploitants, et c’est tout à fait normal, et très souvent, nous les critiques, particulièrement d’autres générations, ne cessent de privilégier l’Écran-Cinéma (que Thierry Frémeaux, grand Guru de Cannes, rappelle dans sans excellent Lumière : L’aventure continue, bientôt en salle). Deux forces centrifuges qui s’affrontent perpétuellement 24/7, car quelle que soit la forme de la toile, concrète ou virtuelle, nous passons plus de temps à voir la vie se dérouler devant nos yeux comme si, du coup, le moment devait s’arrêter.

Signes du temps, mais dans le même temps, un emprisonnement quasi forcé à l’intérieur de notre quotidien, déjà parfois malmené, comme s’il n’y avait que cela dans la vie.

Le pouvoir de consommation n’a jamais autant prouvé qu’il ne se limite pas à certains facteurs ; dans cette « société du spectacle » effrénée, les images, dans toutes leurs manifestations ont rarement été aussi engageantes, montrant notre ordinaire d’une platitude inhabituelle, ayant besoin de palliatifs, disons, flatteurs.

Une dizaine de nouvelles propositions en salle cette semaine. C’est trop, mais ce n’est également pas assez. Il me semble que les clichés « personne ne vous oblige » ou « nous ne sommes pas tenus de tout voir » sont des réponses rapides, sans un tant soit peu de nuances sur le phénomène. D’autant plus que de nombreux films n’attirent pas grand monde et quittent l’affiche après une maigre semaine.

Comment résoudre cette pérenne énigme de la surabondance qui pourrait se transformer, à moyen ou à long terme, en saturation ?

Parions, entre nous, que dans le domaine des arts vivants, le même défi se pose.

Élie Castiel
Rédacteur en chef