Le Point |.| 30
du Ven 25 au Jeu 31 juillet 2025

Changement

de paradigme

 

Anne Trister, de Léa Pool

Dans le cinéma mainstream (grand public), en ce qui a trait aux écrans homosexuels, les hommes, ont depuis son avènement, été privilégiés – des livres et des essais ont été rédigés sur le sujet, la plupart avec des interventions bien structurées et des idées en grande partie évitant le parti pris ou encore ce côté activiste et/ou propagandiste de convenance. C’est, en ce qui nous concerne, à partir de la fin des années 1960, suivi d’une déferlante fracassante à partir de la décennie 1970. Notre but n’est pas d’énumérer une liste de ces exemples en provenance de presque tous les coins du monde, mais simplement de lancer une courte réflexion.

Prenons en compte, néanmoins, que des pays comme la Grèce, certains de l’Amérique latine, et même Israël emboîtent le pas vers une reconnaissance de l’homosexuel mâle. Un changement social radical en même temps qu’inévitable.

Et puis, comme par un tour de magie, orchestré ou pas, sans doute inspiré par tous les #MeToo de ce monde, mais pas que, les Femmes s’organisent, et elles le peuvent puisque dans la guerre qu’elles mènent dans le domaine de la réalisation, elles en sortent vainqueures. Le combat est, en quelque sorte, bien fini. Soulignons que des films lesbiens fleurissent durant les décennies, quoique pas à la même vitesse que les hommes.

Force est d’admettre qu’en termes de mise en scène, les femmes ont ceci de particulier qu’elles possèdent en général un avantage sur les hommes en ce qui concerne le discours sur la sexualité et les rapports amoureux.

Yossi & Jagger, de Eytan Fox
Une réalisation éprouvante
vilipendée par l’armée israélienne.

Oui, bien entendu, les hommes ont souvent filmé l’amour (faussement) lesbien par le biais de séquences, longues ou brèves, qui relevaient plutôt du fantasme masculin hétérosexuel plus que d’un franc regard sur la question.

Bref. Le nouveau cinéma LGBTQ est de plus en plus lesbien, même si les nombreux festivals queer montrent des exemples masculins, le plus souvent optant sur des codes souvent dépassés.

Les femmes ont décidé de qui aimer et comment aimer. Et l’exprimer par le biais du cinéma est une façon de véhiculer un regard franc, sincère, presque documentaire sur la question.

Un changement de cap s’opère, c’est évident, dans le cinéma de la queeritude. Ce qui est équitable, c’est bel et bien que les femmes qui abordent le genre ne réfutent pas que les hommes continuent à exercer leur droit dans le domaine, faisant du cinéma LGBTQ une forme d’expression de tous les possibles.

En multipliant l’agencement des diversités, le social devient, particulièrement pour les esprits ouverts, unique, multiple, essentiel.

Élie Castiel
Rédacteur en chef