Le Point |.| 31
du Ven 1er au Jeu 07 août 2025

États-Critiques


Le milieu critique et le public cinéphile sont au courant que le propos de Truffaut selon lequel « tout le monde a deux métiers : le sien et critique de cinéma, est d’autant plus pertinent aujourd’hui que jamais.

Est-ce que l’adéquation « entre-deux » tient encore la route en ce qui a trait à la critique de cinéma, jadis, il faut bien l’admettre, institution respectée, du moins par une partie quand même non négligeable de la population, celle constituée de personnes ayant suivi des études supérieures, notamment dans les humanités ou autres disciplines relevant de la pensée (philo, religion, histoire…) ?

Soulignons le mot « critique », à ne pas confondre avec celui ou celle qui éjecte une opinion à la va-vite, point de vue furtif, petite fausse réflexion. Le critique retient le médium qu’est le 7e art comme seul garant de ce qui est articulé dans son texte. La mise en scène, des éléments formels, des tournures de style, la direction d’acteur lorsque celle-ci ressent un profond rapport au récit… et autres convenances dans le même esprit.

Aujourd’hui, pour la promotion des films, les distributeurs comptent surtout sur ‘ce que pense le public’, nouveau rapport de force qui fait avancer les recettes au guichet ou pas, en revanche néanmoins, affaiblit en quelque sorte le rôle du critique. Le critique se trouve-t’il alors face une frontière infranchissable entre le vrai et le faux, entre la vérité et le mensonge.

Un projet de Tarantino pour valider
sans doute le travail de critique.

La loi du silence est-elle auto-appliquée aujourd’hui par une partie de la critique, aussi minime soit-elle ? Toujours est-il que la question, même si on ne l’admet pas, continue de hanter les plumes les plus dissertes de la critique de cinéma, notamment celle dont les représentants ont suivi des cours avancés (voir Maîtrise, Doctorat ou encore enseignent le cinéma) dans le domaine. La critique de cinéma est devenu un travail complexe.

Important d’ajouter que nous ne faisons pas référence au Québec, mais du moins à la critique francophone, plus encline à l’approche formelle d’un film où la mise en scène en ressort le plus clair du temps, gagnante.

Assises sur la critique ? Oui, pourquoi pas ? Mais aussi faut-il que ceux et celles qui ont contribué dans le métier depuis des décennies soient impliqué(es) et non oublié(es) par un je-ne-sais-quoi discriminatoire. De nos jours, cette approche est malencontreusement très pratiquée par certains acteurs dans le métier qui oublient ou font semblant qu’il y a d’autres acteurs autour d’eux.

Chez nos amis anglophones, notamment des États-Unis, très souvent les critiques, même dans des médias très connus, même si avec un style d’écriture excellent, suivent une approche « étude de texte », comme s’il s’agissait de composer une réflexion sur un texte littéraire.

Entre la nostalgie d’un passé glorieux révolu (il n’y a pas vraiment si longtemps) et ce qui ressemble à un vagabondage perpétuel saupoudré de prises d’opinion populaires, la critique, la vraie, se trouve dans une situation de flottement.

Assises sur la critique ? Oui, pourquoi pas ? Mais aussi faut-il que ceux et celles qui ont contribué dans le métier depuis des décennies soient impliqué(es) et non oublié(es) par un je-ne-sais-quoi discriminatoire. De nos jours, cette approche est malencontreusement très pratiquée par certains acteurs dans le métier qui oublient ou font semblant qu’il y a d’autres acteurs autour d’eux.

Élie Castiel
Rédacteur en chef