À bicyclette !

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 15 août 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
De l’Atlantique à la mer Noire, Mathias embarque son meilleur ami Philippe dans un road trip à bicyclette. Ensemble ils vont refaire le voyage que Youri, son fils, avait entrepris avant de disparaitre tragiquement.

 

CRITIQUE
Élie Castiel

★★★ ½

Tout et rien

sur mon fils

Documentaire ? Fiction ? Tous les deux à la fois ? Qu’importe le genre qu’on lui accorde. Mathias Mlekuz, plutôt comédien, aussi, réalisateur de quelques courts et un long avant À bicyclette !, l’inédit Mine de rien (2020). Cheminement commun à plusieurs réalisateurs qui place Mlekuz dans ce lieu de tous les possibles. Faut-il aussi savoir comment procéder.

Mais cette fois-ci, vu le parcours personnel (la mort de son fils dans des circonstances douloureuses), proche de la soixantaine, le réalisateur prend la décision d’éviter à tout prix le larmoiement de circonstance, préférant opter pour un rituel qui suffirait pour apaiser l’âme et permettre de continuer son chemin dans la vie.

Sauf que parfois, pris par l’émotion de telle ou telle situation, par un lieu qui pourrait lui rappeler son fils, par les mots qu’il reçoit de Philippe Rebbot, son meilleur copain depuis l’enfance, et qui l’accompagne dans cette petite odyssée de fin de deuil, se permet de donner libre cours à l’émotion. Très beaux moments d’ailleurs.

Une amitié fusionnelle issue d’une autre culture.

Rencontres, émerveillement devant les lieux se trouvant entre La Rochelle et Istanbul, le but de sa « croisade émotive », souvenirs, auto-psychanalyses, petites querelles sans importance entre copains, pour finalement s’approprier l’intention souveraine de la proposition initiale.

Sur son fils, qu’apprendrons-nous ? Ses motifs ? La vie avec son amoureuse à Istanbul ? Ses rapports avec son père ? On pourrait croire que À bicyclette !, confirmant le côté déambulant du film, en fait, intime, quasi, pour certains, jubilatoire, ne permet pas la tragédie que procure la perte, mais au contraire, s’impose comme une sorte de rite cérémonial profane, une sacrée réponse au sacré, mais sans mauvaises intentions. Un film plus sur le « père » que sur le « fils », ancré principalement sur la mémoire vivante.

Le titre du film, auréolé d’un point d’exclamation, non pas par hasard, mais pour joindre deux générations, celle du père, celle du fils, et dans un sens, Philippe, en tant que sous-fifre, représenterait le fils absent. Sans doute métaphore poussée à l’extrême. 

Mais Mlekuz, d’origine slave, est un si bon comédien, qu’on lui donnerait le bon dieu sans confession. Idem pour Rebbot, né à Casablanca et qui, comme on peut s’y attendre, procure cet humour pince-sans-rire, pièce de résistance d’une certaine génération d’originaires du Maroc d’une certaine génération. J’ajouterais qu’il s’agit d’un acteur, souvent de second plan, extraordinairement efficace. Tous les deux, issus d’ailleurs, donnant un cachet différent qu’il faut savoir apprécier.

Le titre du film, auréolé d’un point d’exclamation, non pas par hasard, mais pour joindre deux générations, celle du père, celle du fils, et dans un sens, Philippe, en tant que sous-fifre, représenterait le fils absent. Sans doute métaphore poussée à l’extrême.

N’empêche que pour certains, ces larmes secrètes qu’il faut deviner si on ne prête pas attention, finiront par provisoirement mettre en veilleuse notre insensibilité.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Mathias Mlekuz

Scénario : Mathias Mlekuz, Philippe Rebbot. Direction photo : Florent Sabatier. Montage : Céline Cloarec. Musique : Pascal Lengagne.

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
France
Année : 2024 – Durée : 1 h 28 min
Langue(s)
V.o. : français
À bicyclette !

Mathias Mlekuz

Distributeur @
Entract Films

Contact @
[ Elevation Pictures ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]