Le Point |.| 33
du Ven 15 au Jeu 21 août 2025
Profession–Distributeur
On ne s’attardera pas trop longtemps sur cet aspect de la mouvance cinématographique québecoise, car libres sont les distributeurs (de connivence, bien entendu, avec les exploitants), de programmer tel ou tel film.
On ne dira rien sur les majors (comme on les appelle dans le métier) puisque leurs films sorte par défaut régulièrement, et procure la majeure partie des recettes. Pour les autres, films d’auteurs, de genre et autres indépendants, même films québécois, cela dépend des circonstances.

Ou encore du choix des programmateurs. Quel lien avec les spectateurs ? : une façon efficace de produire chez eux cet appétit envers certains films qui ont marqué leur imaginaire. À prendre ou à laisser lorsqu’on se rend compte, si on suit certains manifestations cinématographiques internationales (ce qui inclut le TIFF, le Nouveau Cinéma et autres au Québec), que certains films programmés ne sortirons jamais au Québec. Oui, c’est vrai, il y MUBI, Netflix et autres avatars de la distribution.
Toujours est-il que de notre avis, la distribution, du moins ici, traverse une petite crise existentielle selon laquelle certains choix sont discutables. Interdiction absolue d’en parler. Est-ce vraiment le cas ?
Face à un marché concurrentiel comme jamais auparavant et une jauge de spectateurs pour le moins imprévisible, issue des réseaux sociaux majoritairement et une génération babyboomée un peu lasse avant l’âge, jugeant parfois le grand écran comme un luxe des précédentes générations ou, pour les plus âgés, trop dispendieux, les distributeurs se livrent une bataille secrète, indicible, inaudible, plutôt que de servir de passeurs, d’agents infiltrés pour répandre la « bonne nouvelle », autrement dit remettre le « cinéma en salle » dans la place qu’il a toujours mérité.
Faut-il rêver en couleur et en CinémaScope ou de préférence se laisser emporter passivement par le courant ambiant ?
Élie Castiel
Rédacteur en chef
