Le Point |.| 38
du Ven 19 au Jeu 25 sept 2025

L’image manipulée
sur le conscient collectif
Elles sont partout, sur nos écrans, portables et PC, au cinéma, dans les chaînes de télé, les réseaux sociaux, partout, comme prêtes à envahir nos cerveaux, servant de fer de lance à répandre la bonne ou la mauvaise nouvelle où, de plus en plus ces derniers temps, à la manipuler et à rendre vrai le faux, ou rarement, le faux, vrai. Les exemples sont friands, terrifiants, amusants, intempestifs, inquiétants et mettent en scène des groupes de tous âge. mais en ce qui nous concerne, le cinéma, principale discipline de notre site Internet, soit le grand écran (en y mêlant, un peu quand même, le numérique), comment reconnaître ces images du premier coup ?
Serait-ce juste de déclarer que le cinéma de genre est celui qui ravive le plus ces exemples, faisant de nous des spectateurs passifs devant toutes sortes d’invraisemblances, comme le faux suspense, ou cette tendance à exploiter une bande sonore appropriée aux intentions, montrer souvent des visages de la peur ou ensanglantés ?
Images manipulées, certes, dans le conscient collectif, mais dans le même temps, une sorte de complicité qui s’établit de facto entre le film et le public, devenu « voyeur de l’épouvante ou de l’inquiétant ».
Il y a aussi les documentaires, comme dernièrement ceux prônant les diverses idéologies politiques, comme par exemple, le conflit Russie-Ukraine ou celui de Palestine-Israël (incluant, bien sûr, Gaza). Comme il est attendu, entre ces partis qui s’opposent, chacun « prêche pour sa paroisse », comme on dit, renforçant les adeptes de chaque mouvement à continuer de croire. L’idée est de renchérir l’idée de continuer à croire en ses convictions, oblitérant ainsi toute idée d’objectivité. D’où les rapports de force(s) tendus lors d’éventuelles négociations.
Une parenthèse : de toutes ces images de manifestations politiques ou sociales publiques, reconnaître les vrais mobiles peut nous paraître évidents, banderoles de slogans, drapeaux revendicateurs et témoignages de quelques participants à l’appui. De ces images documentaires, celles-ci pourraient celles le plus proche de l’objectif objectif.
Au grand écran, l’arbitrage n’existe pas vraiment. La seule échappatoire est pour le critique (et une partie des spectateurs) de reconnaître ce phénomène, pour les analystes de films professionnels de les départir du reste du film et de les signaler ; pour le spectateur, lui, soit rester passif le temps que dure la projection, soit gâcher intentionnellement son plaisir ; dans les deux cas, l’expérience est en quelque sorte active. Car qu’elles que soient les circonstances, le psyché ou conscient collectif a été manipulé à travers les images. Le cinéma devenu ainsi « laveur de cerveaux ».
Élie Castiel
Rédacteur en chef
