Le Point |.| 41
du Ven 10 au Jeu 16 oct 2025
Zones
de turbulence
À l’heure où les négociations vont bon train entre le Hamas, jusqu’à nouvel ordre, encore force politique à Gaza, avec ce qui en reste de l’enclave, et le gouvernement israélien, qui continue de cibler la région jusqu’à ce que les derniers otages leur soient remis, on peut se poser la question de savoir si les cinéastes impliqués dans ces causes poursuivront leur travail d’introspection.
D’autant que dans la deuxième ronde de négociations, les points à discuter s’avèrent plus compliqués, notamment ceux entourant la création d’un État palestinien et un autre morceau de taille dans ce puzzle, parmi les plus compliqués, « la Cisjordanie ». Connaissant les états d’âme et l’idéologie des deux forces ennemies, on ne peut souhaiter que l’implication des autres nations, États-Unis en particulier, montre des effets positifs de persuasion.
Jusqu’ici, nous avons vu plusieurs réalisations cinématographiques sur le conflit après le 7 octobre ; quelques cinéastes israéliens et d’ailleurs ont produit des documentaires sur cette tragique journée, mais sont sortis ici sous la plus stricte confidentialité.
La tragédie à Gaza est affligeante, certes, mais jamais autant de pays du monde n’ont réagi avec autant de véhémence, accusant à juste titre Israël de tous les sévices, manifestations de masse à l’appui dans plusieurs villes du monde. Aucune réprimande néanmoins sur le Hamas, autorité elle aussi coupable d’atrocités. Par défaut, faisant de ce mouvement, terroriste pour les uns, de résistance pour les autres, une entité politique légale.
Que peut-on en penser ? D’autant plus que ce même Hamas est convaincu qu’après une possible paix dans la région, il devra quitter la région et déposer les armes. C’est l’avis non seulement d’Israël, mais aussi de nombreux pays arabes et autres impliqués dans les pourparlers.
L’accès aux réseaux sociaux, les manifestations organisées avec un engouement particulier et les ripostes « de la rue » ont, en quelque sorte, envenimer la situation. Une rue agressive, criarde, anarchique, représentée en particulier par l’un des deux côtés. Inutile de vous préciser lequel.
À titre personnel, dans une diatribe où les deux camps sont responsables de ce qui s’est passé, les négociateurs auraient dû se rencontrer directement, droit devant les yeux et finir par comprendre que le combat ne fait que des victimes et que de l’autre côté, le partage de la terre est une voie inévitable.
Un côté ou l’autre ? Où se situe le juste milieu, non pas la neutralité, mais la nuance dans ce rapport de forces excessives. Le centrisme a disparu de la vie publique, bien qu’il épouse en quelque sorte les deux mouvances politiques en essayant de trouver des terrains d’entente. Dans le monde actuel, ce jeu diplomatique ne correspond plus à un public de masse et aux gouvernements en place, la rue ne jurant que par les émotions. C’est l’une des caractéristiques de la hause de représentation du populisme dans la sphère publique, incluant dans le domaine de la culture.
Et encore une fois, le 7 octobre est désormais devenu un « fait divers ». Certains ont même dit qu’il a été « instrumentalisé » pour justifier les bombardements à Gaza. Affligeant !
Une semaine après la réponse d’Israël aux massacres du 7 octobre, le Hamas aurait dû se rendre et déposer les armes, tout en libérant les otages. On peut rêver.
À titre personnel, dans une diatribe où les deux camps sont responsables de ce qui s’est passé, les négociateurs auraient dû se rencontrer directement, droit devant les yeux et finir par comprendre que le combat ne fait que des victimes et que de l’autre côté, le partage de la terre est une voie inévitable.
Élie Castiel
Rédacteur en chef
