If I Had Legs I’d Kick You
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 octobre 2025
Son mari au loin, une femme doit affronter seule de nombreux problèmes.
| ANGLE |
CRITIQUE
Luc Chaput
Thérapeute au bord
de la crise de nerfs
★★★ ½
Dans un motel de Montauk, sur Long Island, en basse saison, une préposée du dépanneur refuse de vendre une bouteille de vin à une cliente. Un voisin propose de l’acheter pour elle. Un affaissement du plafond de l’appartement créant un torrent d’eau a obligé Linda et sa fille malade à quitter rapidement son appartement pour se réfugier le temps des réparations dans ce banal endroit de bord d‘océan.
La réalisatrice Mary Bronstein s’est inspirée de sa situation de mère aux prises avec une grave maladie de son enfant pour élaborer ce scénario. Sa mise en scène colle au plus près du visage et du corps souvent fragmenté de son interprète Rose Byrne qui réussit à transmettre au quart de tour toutes les gammes d’émotions qui assaillent Linda. La fille, astreinte à être nourrie par tubes, n’est jamais prénommée. Son visage n’apparait que vers la fin après une présentation en morceaux de casse-tête, des pieds, bras ou estomac, plaintes, questions et cris qui ponctuent les jours de sa proche très aidante.
La cinéaste et sa complice, qui a déjà remporté un prix d’interprétation à la Berlinale, ont réussi un portrait plein d’aspérités sur la possible solitude maternelle qui continue à nous hanter longtemps après la projection.
Celle-ci est par ailleurs psychologue dans un centre de consultation et quelques clients se pointent minant sa patience et bousculant son horaire. L’attitude hautaine de son patron et ami, interprété avec une justesse étonnante par l’animateur télé Conan O’Brien, lors de leurs rencontres de travail sur soi, n’est pas d’un très grand secours en dépit des conseils judicieux qu’il égrène et que Linda ne capte pas.

Une sorte de résilience imperceptible.
A$AP Rocky, remarqué dans un rôle très différent dans le dernier Spike Lee, incarne avec doigté ce client de longue durée du motel étonné par la présence de cette bourgeoise dans ces lieux. La cinématographie de Christopher Messina, alliant un aspect réaliste et des moments déconcertants, assoit, avec la bande-son ouvragée de Filipe Messeder et Ruy García mélangeant bruits, cris et sons de vagues, l’environnement nécessaire dans laquelle Rose Byrne, présente dans presque toutes les scènes, rend, avec une adresse confondante, les insécurités d’une mère aux prises avec des situations entre autres tragi-comiques.
La cinéaste et sa complice, qui a déjà remporté un prix d’interprétation à la Berlinale, ont réussi un portrait plein d’aspérités sur la possible solitude maternelle qui continue à nous hanter longtemps après la projection.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Mary Bronstein
Scénario : Mary Bronstein. Direction photo : Christopher Messina. Montage : Lucian Johnston. Musique : [ diverses pièces musicales ].
Genre(s)
Drame psychologique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 54 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.a
Si j’en avais la force

Mary Bronstein
Dist. @
V VS Films
Contact @
[ A24] ]
Diffusion @
Cinéma du Parc
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
