Good Fortune

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’ange Gabriel décide d’intervenir dans la vie d’un travailleur précaire et d’un homme fortuné.

| ANGLE |
CRITIQUE

Pascal Grenier

★★★

La bonté

comme

dernier luxe

On pouvait craindre le pire de ce premier long métrage d’Aziz Ansari, humoriste américain connu pour sa série Master of None et ses observations sociétales souvent pleines de lucidité, mais rarement exemptes de complaisance. Et pourtant, Good Fortune se révèle être une petite surprise : une comédie fantaisiste douce-amère, à la fois imparfaite et sincère, qui ose parler de bonté, d’injustice et de seconde chance dans un monde cynique — sans jamais trop s’y complaire.

Le film, sorte de Trading Places revisité à la sauce millenniale, joue la carte de la fable moraliste. Moins mordant, certes, que son modèle des années 80, Good Fortune préfère troquer le rire corrosif contre une émotion légère, presque fragile. Ansari y explore, avec une naïveté assumée, les thèmes qui lui sont chers : la réussite, les privilèges, les angles morts du progrès social, ou encore la quête d’équilibre spirituel dans un univers saturé de comparaisons et d’hypocrisie. C’est souvent superficiel — on sent le conférencier TED plus que le satiriste — mais pas inintéressant pour autant.

La mise en scène, sans éclat particulier, se distingue par un certain dynamisme : montage vif, rythme fluide, tonalité presque chorale où les personnages se croisent comme dans un conte moderne. Ce n’est jamais virtuose, mais toujours juste. Ansari filme ses acteurs avec bienveillance, et cette douceur de regard fait toute la différence.

Un certain élan pour jouer la comédie humaine.

Et puis, il y a Keanu Reeves, étonnant dans un contre-emploi d’ange gardien maladroit et lunaire. Il flotte à travers le film avec une innocence désarmante, comme s’il avait atterri là par erreur — et c’est précisément ce décalage qui donne à Good Fortune sa touche de grâce. Autour de lui, Ansari lui-même, Seth Rogen dans un rôle taillé sur mesure et un solide casting de seconds rôles s’accordent parfaitement à ce ton humaniste, un peu bancal, mais profondément attachant.

Si Aziz Ansari n’a pas encore trouvé la formule magique, il prouve au moins qu’il a quelque chose à dire — et surtout, un cœur à offrir dans ce premier film sincère et lumineux qui préfère la tendresse au cynisme, ce qui est déjà une fortune en soi.

Au final, Good Fortune n’est ni un grand film, ni une satire mémorable. C’est une fantaisie morale, imparfaite mais touchante, qui regarde la comédie humaine avec un brin de nostalgie et beaucoup d’empathie. Et si Aziz Ansari n’a pas encore trouvé la formule magique, il prouve au moins qu’il a quelque chose à dire — et surtout, un cœur à offrir dans ce premier film sincère et lumineux qui préfère la tendresse au cynisme, ce qui est déjà une fortune en soi.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Aziz Ansari

Scénario : Aziz Ansari. Direction photo : Adam Newport Berra. Montage : Daniel Haworth. Musique : Carter Burwell.

Genre(s)
Comédie fantaisiste
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 37 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Bonne fortune

Aziz Ansari

Dist. @
Cineplex Pictures
Contact @
[ Lionsgate ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]