Springsteen: Deliver Me from Nowhere

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 24 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Portrait du célèbre musicien-chanteur au moment de la sortie de son disque Nebraska.

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★ ½

Sur des

routes

vicinales

 

Un soir, à la sortie d’une petite salle de concert du New Jersey dans laquelle il vient de jouer avec des collègues, un musicien reconnu rencontre une jeune femme. Bruce Springsteen, surnommé The Boss par son groupe, vient de terminer il y a peu une tournée épuisante d’un grand nombre de concerts. Vivant seul dans une maison au bord de l’eau dans cette campagne près de New York, il gratte sa guitare et écrit quelques phrases. La présentation inopinée de Badlands de Terrence Malick à la télévision ouvre les portes d’une histoire qui a des échos avec la sienne. Le scénario du cinéaste, par ailleurs auteur du renommé Crazy Heart, d’après le livre de Warren Zanes, reconfigure en images cette période de création, de ressourcement et d’affrontements difficiles avec les vieux démons de l’enfance que deux extraits de Night of the Hunter de Charles Laughton rappellent directement et symboliquement.

L’enregistrement sur simples cassettes audio de ce son brut très country dans le sens terrien du terme de ces poèmes est décrit par le menu. Cela tourne à de dures discussions au studio et dans une séquence mémorable dans laquelle la maîtrise technique de certains réussit à reproduire à l’identique l’artisanat de cet art volontairement écru. Des courtes présences d’hommes âgés dans des diners renvoient à la fois à la figure paternelle mais aussi aux damnés de la terre trop souvent oubliés.

Jeremy Strong, en tant que Jon Landau, ami, confident et producteur protecteur, construit un protagoniste à l’opposé du maléfique Roy Cohn qu’il avait récemment brillamment incarné. Cette plongée très dense par moments dans les allers-retours complexes qui relient un artiste à ses origines constitue un complément important à A Complete Unknown sur les débuts de Bob Dylan.

Le réalisateur Cooper se permet également de suivre des méandres dans cette chronique d’une célébrité aux prises avec une dépression. Jeremy Allen White engrange, de son aspect physique, de sa démarche et de sa voix, assez de grain à moudre pour amenuiser souvent la distance entre un Bruce jeune et lui. Jeremy Strong, en tant que Jon Landau, ami, confident et producteur protecteur, construit un protagoniste à l’opposé du maléfique Roy Cohn qu’il avait récemment brillamment incarné. Cette plongée très dense par moments dans les allers-retours complexes qui relient un artiste à ses origines constitue un complément important à A Complete Unknown sur les débuts de Bob Dylan.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Scott Cooper

Scénario : Scott Cooper; d’après le livre de Warren Zanes, Deliver Me from Nowhere: The Making of Bruce Sprinsteen. Direction photo : Masanobu Takayanagi. Montage : Pamela Martin. Musique : Jeremiah Fraites.

Genre(s)
Drame musical biographique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 59 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Springsteen : Délivrez-moi de nulle part

Scott Cooper

Dist. @
Buena Vista Canada
Contact @
[ 20th Century Studios ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]