Petits appareils / Small Appliances
@ Espace Libre
CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel
★★★ ½
Pour un
théâtre
résolument
cartésien
En dépit du décor annonçant le lieu où se passe le récit, un appartement, autrefois occupé, on suppose, par un couple, aujourd’hui sans la présence de l’autre, le point de départ de cette pièce sur la solitude et le deuil reconstruit ne commence que presqu’une heure après le début du spectacle. Un début dans la totale noirceur ou tout au plus, quelques lueurs annonciatrices qui prédisent sereinement ce qui se passera.
Des voix d’hommes ou de femmes, presque fantomatiques mais hautement poétique, s’expriment en français, anglais et en grec, soulignant les origines helléniques de Manolis Antoniou, idéateur d’un texte signé non seulement avec tous les élans de l’âme, mais comme pris par une sorte de rapport intellectuel, souvent imagé et sans aucune retenue pour ces choses de la vie qu’on ne prends toujours au sérieux, mais occupe nos moments de mélancolie, de nostalgie, comme la perte de quelqu’un, le souvenir d’un endroit partagé dans son enfance avec un membre de la famille, l’évocation de certaines sensations vécues autrefois. Quelque chose de sincèrement bouleversant qui se dégage de ces mots, parfois chuchotés, mais peu importe.

Un regard posé sur le public ou le souvenir d’un autre temps ?
Crédit : Maryse Boyce
Ce que l’on retient, c’est la nature de cette création, osant le tout pour le tout pour renouveler l’expérience théâtrale. Si quelques hésitations sont vite évacuées en raison de la forte détermination de l’auteur, qu’on pourrait considérer comme « plasticien de la scène contemporaine », tant il concrétise le corps et les accessoires, justifiant le titre de cet OTI (Objet Théâtral Identifié), une question se pose pour ses futures propositions : suivra-t-il le même chemin ou, au contraire, ira rejoindre les rangs du théâtre plus conventionnel. Une chose est certaine : l’expérimental lui vaut comme un gant.
Après une longue introduction, une présence en scène. Celle de Louise Bédard, ayant elle aussi collaboré, avec d’autres, à la proposition. Peu de mots, beaucoup de déplacements dans cet appartement bien structuré. Des mouvements du quotidien, à peine quelques mots adressés, les gestes d’une solitude qui pèse et finalement, en éteignant la dernière d’un ensemble de tiges d’encens, conclut cette expérience multisensorielle (sic) de façon aussi sensuellement vertigineuse que marquée du signe de l’extrême rationalité.
Auteur en résidence à Espace Libre, lieu des créateurs de toutes origines, une reconnaissance fort lucide selon laquelle il est important de marquer l’apport de l’autre dans la dynamique culturelle québécoise, Antoniou est de ces nouveaux créateurs qui s’adresse aux nouvelles générations, et aux précédentes qui s’intéressent à l’évolution de la scène contemporaine, toutes disciplines confondues, tant il joue avec les formes, autant narratives que scéniques.
Après une longue introduction, une présence en scène. Celle de Louise Bédard, ayant elle aussi collaboré, avec d’autres, à la proposition. Peu de mots, beaucoup de déplacements dans cet appartement bien structuré. Des mouvements du quotidien, à peine quelques mots adressés, les gestes d’une solitude qui pèse et finalement, en éteignant la dernière d’un ensemble de tiges d’encens, conclut cette expérience multisensorielle (sic) de façon aussi sensuellement vertigineuse que marquée du signe de l’extrême rationalité.
FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Jenny Boully
Idéation, création et mise en scène
Manolis Antoniou
Interprétation
Louise Bédard

Manolis Antoniou
Crédit : Guillaume Boucher
Lumières : Chantal Labonté
Son : Jérôme Guilleaume
Scénographie : Kevin Pinvidic
Costumes : Jonathan Saucier
Durée
1 h 15 min
[ Sans entracte ]
Public (suggéré)
Tout public
Diffusion & Billets
Espace Libre
Jusqu’au 08 novembre 2025
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
