Wrong Husband
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 28 novembre 2025
Un jeune homme doit reconquérir sa fiancée.
ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput
★★★ ½
Deux amis se chamaillent et l’adolescente dit à son copain : « tu devrais être plus fort, mon fiancé ». La scène se déroule dans l’Arctique dans des temps immémoriaux dans lesquels de très petites communautés vivent éparpillées dans ces vastes espaces. Cette époque lointaine avant l’arrivée des Blancs n’est d’ailleurs pas définie au début par des intertitres.
Prendre
son problème
à bras-le-corps
La cinématographie de Jonathan Frantz embrasse dans de larges perspectives ces étendues le plus souvent peu vallonnées illustrant le rapport symbiotique entre l’eau, la terre et le ciel. L’essentiel de l’histoire se déroule dans les saisons plus chaudes mème si la glace recouvre dans certaines scènes les rivages. Le scénario du cinéaste et de Carol Kunnuk remet en évidence, comme le proclamait déjà Atarnajuat / The Fast Runner, les mythes, pratiques et la culture ancestrale de ces Inuits.

Une intemporalité séduisante.
Des moments de mentorat, de démonstration de certaines techniques moins utilisées aujourd’hui s’intègrent naturellement dans ce récit aux aspects fantastiques, redonnant la part belle aux shamans bons ou maléfiques. Un troll à l’aspect hideux et recouvert de varech, vivant à la jonction de l’océan et du rivage, change le cours de l’histoire dans la première séquence qui trouvera sa résolution à la toute fin.
Deux jeunes enfants de deux couples d’amis sont ainsi fiancés à leurs plus jeunes âges et sont animés l’un pour l’autre des sentiments de plus en plus enjoués et profonds exprimés dans la scène du début. Une mort soudaine donnant lieu à une divinement simple cérémonie de funérailles et l’arrivée impromptu d’un visiteur envoient Kaujak et sa mère dans une autre groupe plus important où les relations sont plus conflictuelles.
Des moments de mentorat, de démonstration de certaines techniques moins utilisées aujourd’hui s’intègrent naturellement dans ce récit aux aspects fantastiques, redonnant la part belle aux shamans bons ou maléfiques.
Les cauchemars prennent à nouveau une plus grande place reliant aisément le monde des esprits et celui des vivants. Des effets spéciaux mécaniques et électroniques nous plongent ainsi dans un univers culturel dans lequel les changements d’apparence sont fréquents.
Captivante musique aux tonalités multiples, fruit du duo sororal Pisqiq, enveloppe ce récit sur l’importance de la parole donnée et du respect aux anciens dans lequel la nouvelle venue Theresia Kappianaq tire habillement son épingle du jeu dans le rôle de la fiancée éloignée, épaulée par une équipe soudée en vue de la transmission d’une histoire si locale et pourtant bien universelle.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Zacharias Kunuk
Scénario : Zacharias Kunuk, Samuel Cohn-Cousineau. Direction photo : Jonathan Frantz, Thomas Leblanc-Murray. Montage : Raphael Sandler. Musique : Tiffany Ayalik, Inuksuk MacKay.
Genre(s)
Drame
Origine(s)
Canada
Année : 2025 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : inuktikut, s.-t.a. & s.t.f.
Le mauvais mari
Uiksaringatara

Zacharias Kunuk
Dist.
Isuma International
Contact
[ Kingulliit Productions ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée & du Parc ]
Classement (suggéré)
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
