Nino

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 16 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans trois jours, Nino devra affronter une grande épreuve. D’ici là, les médecins lui ont confié deux missions. Deux impératifs qui vont mener le jeune homme à travers Paris, le pousser à refaire corps avec les autres et avec lui-même.

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★ ½

L’attente

Après le court inédit La vie de jeune fille, le premier long de Pauline Loquès a ceci de particulier que la mise en scène évolue à travers l’idiosyncrasie existentielle du personnage principal, Nino, prénom que retient le titre du film, comme si l’un et l’autre n’en faisaient qu’un, ne se substituant à rien d’autre.

Bien entendu, on pense au sublime Agnès Varda des années 1960, Cléo de 5 à 7, avec une Corinne Marchand dans le rôle-titre et au parcours parisien qui sublime son attente.

Le Loquès, bien entendu, est une variation contemporaine au gré des rencontres qu’effectue Nino dans ces trois journées d’attente qui le place non seulement dans une angoisse quasi permanente, mais qui lui permet, dans une perspective de mise en scène et de déploiement du jeu d’interprétation, dans un état fantomatique, comme si tout autour de lui correspondait à un réel qui ne lui est plus propre. Mais il s’agit aussi d’un état de grâce, un état qui montre aussi ses apories incontournables.

Errer comme une âme en peine.

Nino permet à Théodore Pellerin d’évoluer admirablement bien dans sa carrière de comédien. Belle gueule, sans doute l’un des plus prometteurs comédiens – il l’est déjà ! – de sa génération. Entre la visite aux institutions médicales, sa rencontre avec sa mère, retrouver son quotidien en le transformant, peut-être bien le sentant selon sa condition psychologique du moment, il se donne totalement à la discipline de l’interprétation au cinéma.

Loquès, comme prise par un état de grâce, elle aussi, sans doute issu par la personnalité idoine de Pellerin, participe de ce jeu entre la réalisation et le rapport avec la proposition.

Nino permet à Théodore Pellerin d’évoluer admirablement bien dans sa carrière de comédien. Belle gueule, sans doute l’un des plus prometteurs comédiens – il l’est déjà ! – de sa génération. Entre la visite aux institutions médicales, sa rencontre avec sa mère, retrouver son quotidien en le transformant, peut-être bien le sentant selon sa condition psychologique du moment, il se donne totalement à la discipline de l’interprétation au cinéma.

Visuellement, le contraste réside entre l’intériorité oppressante de Nino et la luminosité ambiante du quotidien. La caméra de Lucie Baudinet intègre admirablement bien ces deux réalités, faisant du paradoxe un état normal dans ce qu’on appelle la possibilité de survie.

Un film d’acteurs également, qui se donnent entièrement à cet excercice où les rapports qu’ils entretiennent les uns aux autres revendiquent la notion de moralité, peu commune de nos jours.

Nous savons tous ce que sera le verdict des autorités médicales, mais ce que l’on retient, c’est ce dernier plan du visage souriant de Nino qui lève ses yeux – vers le ciel ou un médecin ?, nous laissant dans cette angoisse primaire qui, au fond, paradoxalement, pourrait indiquer que l’espoir est encore possible.

Intelligemment minimaliste et généreux.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Pauline Loquès

Scénario : Pauline Loquès, avec la collaboration de Maud Ameline. Direction photo : Lucie Baudinet. Montage : Clémence Diard. Musique : Mathieu David Gagnon.

Genre(s)
Drame existentiel
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 37 min
Langue(s)
V.o. : français
Nino

Pauline Loquès

Dist.
K-Films Amérique
Contact & Prod.
[ The Party Film Sales ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]