Carré de cendres
@ PdA (5e salle)
CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel
★★★ ½
« Je suis une
femme libre »
L’univers des nouvelles créations scéniques devient de plus en plus difficile à saisir tant les créateurs, à l’imaginaire fertile, peut-être même trop, si proches de leur sujet, ne voient guère les limites que peut atteindre leur proposition.
C’est ce qu’on ressent à cette reprise, en version enrichie, du Carré de cendres | Dans le sillage de Brigitte Fontaine – se rappeler de son unique présentation en 2024 à l’Outremont – une artiste engagée, on dirait même militante par moment, joyeusement bordélique, dans le sens le plus positif du terme, jouant avec la vie, l’âge adulte, la famille, la société et même osant s’infiltrer avec une douceur increvable dans la sacro-sainte politique.
Elle parle, elle poétise, elle se lamente comme une enfant, refuse de grandir ; elle chante aussi, avec une voix imparfaite, et c’est bel et bien ce qui fait son charme ; elle reprend la même chanson, et peut-être bien qu’elle la transforme.

S’approprier de la scène, comme on le fait de soi-même.
Crédit : Marie-Andrée Lemire
Elle ne tient pas à se marier une fois adulte, pour la simple raison qu’elle tient à son indépendance. Entre désir tout à fait normal de « nouvelle femme libre » et volonté de briser les « mauvaises habitudes d’autrefois » qui n’ont pas compris les femmes, un discours intéressant ; et pourtant, pas de guerre des sexes, mais au contraire, une voix indépendante, sortie de l’ordinaire, sans recours à toutes ces chapelles ou des groupes si présents aujourd’hui.
L’expérience est touchante, bouleversante, enchanteresse ; Fontaine a recours à plusieurs disciplines de la scène, parfois difficiles à identifier, mais avec un peu de concentration on y parvient ; et l’espace qu’elle occupe devient le socle bien solide abritant son sanctuaire personnel où elle peut s’adonner à ses brillantes résolutions. Également édifiant, notamment par la mise en scène aussi subversive que conciliante d’Isabel Rancier.
Carré de cendres n’est pas un spectacle ordinaire, c’est un véritable osni (objet scénique non identifié) tant la mise en scène est décousue et soudain souveraine, changeant de visage à chaque tournant. Accompagné de Fabienne Lucet au piano, celle-ci engagée dans le processus de création, mais laissant tout de même le champ libre à Fontaine, nous sommes les témoins émerveillés d’une étrange relation qui se manifeste par ce rapport commun revendicateur, subversif.
L’expérience est touchante, bouleversante, enchanteresse ; Fontaine a recours à plusieurs disciplines de la scène, parfois difficiles à identifier, mais avec un peu de concentration on y parvient ; et l’espace qu’elle occupe devient le socle bien solide abritant son sanctuaire personnel où elle peut s’adonner à ses brillantes résolutions. Édifiant, notamment par la mise en scène aussi subversive que conciliante d’Isabel Rancier.
FICHE PARTIELLE DE CRÉATION
Texte
Brigitte Fontaine
Mise en scène
Isabel Rancier
Assistance à la mise en scène
Bernard Lavoie
Avec
Brigitte Fontaine
Fabienne Lucet
Scénographie
Pierrick Fréchette
Costumes
Pierrick Fréchette
Éclairages
Laura Dominguez
Arrangements musicaux
Fabienne Lucet
Durée
1 h 30 min
[ Sans entracte ]
Public (suggéré)
Tout public
Diffusion & Billets
PdA
Jusqu’au 29 janvier 2026
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
