Un poète
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 6 février 2026
Óscar Restrepo, poète en manque de reconnaissance, mène une existence solitaire marquée par les désillusions. Sa rencontre avec Yurlady, une adolescente d’un milieu populaire possédant un véritable talent d’écriture, va bouleverser le cours de sa vie.
Le FILM
|de la semaine|
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★
C’est ce que transmet Óscar, divorcé, vivant avec sa mère ; poète médiocre, raté même, il veut aspirer à devenir un grand parmi la petite communauté de poètes d’un milieu artistique, lui aussi sans véritable but, du moins selon le regard satirique et dans le même temps acerbe du Colombien Simón Mesa Soto.
Et pourtant dans son regard, une peinture attendrie du personnage ; qui a choisi une vie de bohème, sans le sous, où à peine ; des amis aussi perdus que lui, mais qui ne le montrent pas. Pas belle-gueule, un physique loin d’être attirant, mais une gueule bigrement cinématographique qui, mine de rien, devient attachante aux yeux des spectateurs et du cinéaste, dont c’est ici le second long métrage.
Chien battu
sans collier
Óscar Restrepo (excellent Ubeimar Ríos) commet des erreurs, beaucoup d’erreurs ; il sourit rarement et la vie lui semble sombre. Il était professeur de philosophie, mais a perdu son emploi. On lui offre un poste d’enseignant dans un lycée. Les étudiants s’en fichent de son enseignement et parmi les filles, il découvre une poétesse en herbe, Yurlady, qui écrit son journal poétique comme pour oublier la détresse familiale. Sa fille, qui vit avec sa mère, ne veut rien savoir de lui, même si elle le comprend parfois, du moins beaucoup plus que sa mère.

Le ciel peut attendre.
Le film de Mesa Soto est guidée par deux idées originales qui constituent sa force et son originalité, hors du commun. D’une part, l’âme, malgré les apparences, qu’il octroie au personnage, mené par un acteur non professionnel, totalement conscient de la caméra à l’épaule qui le film, à l’instar du reste du film. comme si du coup, une complicité existait entre lui-même, dans la vie, et le protagoniste qu’il incarne.
D’autre part, une vision sociale acerbe que mène le jeune réalisateur envers deux populations que tout sépare : les bourgeois (médecins à l’hôpital, blancs, éduqués, mais séparés du peuple et autres, comme l’assistance sociale), et le peuple, lui, racisé, sans véritable éducation. Mais dans un cas comme de l’autre, une poursuite du gain.
Le film de Mesa Soto est guidée par deux idées originales qui constituent sa force et son originalité, hors du commun. D’une part, l’âme, malgré les apparences, qu’il octroie au personnage, mené par un acteur non professionnel, totalement conscient de la caméra à l’épaule qui le film, à l’instar du reste du film. comme si du coup, une complicité existait entre lui-même, dans la vie, et le protagoniste qu’il incarne.
Une séquence admirable qui ressemble à une réunion de négociations entre les deux classes sociales, illustre parfaitement le discours du réalisateur. Filmée sans aucune gêne, fiévreusement, multipliant les réactions de chacun des personnages, jusqu’à…
Et pourtant, dans une autre, dans les toilettes de l’Association des poètes, le personnage d’Óscar et l’un des représentants s’adonnent à une comparaison de… images à l’appui. Aune retenue de la part de Mesa Soto de montrer… Les classes sociales sont ici effacées comme par magie, et le recours au graphisme explicite fonctionne même très bien.
Un prix à Cannes hautement mérité pour ce petit grand film qui annonce un cinéaste d’envergure dont on a hâte de voir un prochain projet hautement mérité.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Simón Mesa Soto
Scénario : Simón Mesa Soto. Direction photo : Juan Sarmiento G. Montgae : Ricardo Saraiva. Musique : Matti Bye, Gustav Davidsson, Johanna Ekholm, Pelle Westlin.
Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
Allemagne / Colombie / Suède
Année : 2025 – Durée : 2 h 04 min
Langue(s)
V.o. : espagnol, s.-t.a. ou s.-t.f.
A Poet
Un poeta

Simón Mesa Soto
Dist.
Enchanté Films
Contact & Prod.
[ FilmsWeLike ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Le film de Mesa Soto est guidée par deux idées originales qui constituent sa force et son originalité, hors du commun. D’une part, l’âme, malgré les apparences, qu’il octroie au personnage, mené par un acteur non professionnel, totalement conscient de la caméra à l’épaule qui le film, à l’instar du reste du film. comme si du coup, une complicité existait entre lui-même, dans la vie, et le protagoniste qu’il incarne.