Les Ballets Jazz
@ Place des Arts
CRITIQUE
[ Danse ]
Élie Castiel
★★★★
LA REVUE FINALE
Prouesses
et
sensations

Crédit : Raphaël Ouellet
Si on a suivi les Ballets Jazz depuis longtemps, voir même depuis leur début, force est de souligner qu’à chaque nouvelle génération de danseurs et de danseuses opère par changements, s’adaptant synchroniquement à l’air du temps.
C’est le cas de ce que propose le Norvégien Jo Strømgren avec son puissant La revue finale, titre passe-partout, mais qui suggère aussi comme la fin d’une époque et dont le contenu sur scène propose une nouvelle étape. Cette sorte de mise en abyme chorégraphique inversée est d’autant plus solide qu’elle n’en a l’air, offrant des propositions fort intéressantes.
Des noms comme celui de Charles Aznavour, Madalena de Melo, La Bottine Souriante et même, c’est bien vrai, Louis Mariano, comme sorti d’outre-tombe, comme s’il voulait dire aux spectateurs qu’il avait tout de même un certain talent (pour le genre, il va s’en dire).
Ces accompagnements musicaux s’inscrivent dans une perspective de mise en scène selon laquelle « sans musique » le geste ne peut pas suivre, même si on a déjà prouvé le contraire.

Crédit : Sasha Onyschenko
Mais il y a, au Ballets Jazz, cette tendance bien ancrée dans l’ADN de la compagnie qui est d’attirer plusieurs catégories de public. Ça parle de la vie, plus précisément de nos existences, banales ou tempérées, vides ou remplies, d’amour ou de manque, de guerre ou de paix. Tous ces thèmes sont montrés dans un désordre intentionnel qui produit des effets d’une étrange puissance magnétique. Chacun trouve de quoi s’émerveiller de ce qui se passe sur scène. Qu’il s’agisse d’un personnage qui se cherche ou d’un groupe qui tient à respecter l’harmonie parmi les membres, tout est dans le propos.
Chose étrange, la danse ne commence pas tout de suite. Les premières minutes sont de l’ordre de la mise en scène théâtrale – ont voit que les interprètes n’ont pas l’expérience du jeu de cette forme d’expression artistique, mais peu importe, puisque ces tours de passe-passe ne font que renforcer encore plus l’intention.
Un spectacle qui confirme que la compagnie est passée à autre chose, particulièrement à un moment de notre évolution où, en matière de création artistique, les alternatives évoluent à un rythme imprévisible et pressent.
Lorsque la chorégraphie reprend ses droits, c’est à ce moment que le groupe des Ballets Jazz montrent jusqu’à quel point ils peuvent s’adapter à n’importe quelle situation.
Une fin prestigieuse, répondant à une idée de l’art chorégraphique qui, tout en privilégiant le mouvement « libre », n’en demeure pas moins un système exigeant quelle que soit la diagonale qu’on adopte.
Un spectacle qui confirme que la compagnie est passée à autre chose, particulièrement à un moment de notre évolution où, en matière de création artistique, les alternatives évoluent à un rythme imprévisible et pressent.
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
