In Cold Light
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 27 février 2026
Ava est traquée. Poursuivie par ceux qui ont tué son frère, poursuivie par ses propres démons, elle doit faire des choix.
ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier
★★ ½
L’élégance du vide

Avec In Cold Light, premier film en langue anglaise du cinéaste québécois Maxim Giroux (La grande noirceur), on sent le désir d’élargir le territoire. Tourné en Alberta, ce polar met en vedette Maïka Monroe (le surestimé Longlegs) dans le rôle d’une ancienne trafiquante de drogue fraîchement sortie de prison. À peine a-t’elle remis le pied dans son ancien réseau qu’elle est témoin d’un meurtre brutal et forcée de fuir, traquée par la police. Sur papier, la promesse d’un thriller tendu, nerveux, presque existentiel. À l’écran, un exercice plus appliqué qu’inspiré.
Giroux tente tant bien que mal d’insuffler du style à cette commande bourrée de clichés. Les silhouettes se découpent dans les paysages albertains, les néons colorés viennent caresser les visages, et la caméra cherche constamment à transcender un scénario catastrophique, cousu de fil blanc, qui ne tient jamais vraiment la route. Les revirements sont prévisibles, les motivations floues, et une scène surréaliste dans un champ — totalement déconnectée du reste — donne l’impression d’appartenir à un autre film, plus contemplatif, que Giroux aurait préféré tourner.

Une sorte de rapport intérieur qui lui procure une certaine froideur.
La réalisation n’est pourtant pas mauvaise. La photographie colorée de Sara Mishara malgré quelques éclairages criards confère une texture intéressante à l’ensemble, et la musique électronique enlevée de Philippe Brault dynamise les rares moments de tension. Mais trop souvent, le cinéaste a recours au tape-à-l’œil pour masquer les failles béantes d’un récit mal fagoté. Le style devient alors un cache-misère.
Au final, In Cold Light ressemble à un drame criminel stylisé mais creux, où la faiblesse de l’écriture l’emporte sur les ambitions formelles. Giroux prouve qu’il sait manier l’image, mais il lui faudra un scénario autrement plus solide pour survivre au froid mordant d’un tel univers.
Quant à Maïka Monroe, elle demeure étonnamment fade, peu expressive, comme en retrait d’un rôle qui exigeait davantage de rage contenue et d’ambiguïté morale. Les relations familiales, notamment avec son père muet qui s’exprime en langage des signes, sont esquissées sans réelle émotion. On devine les intentions — explorer la filiation, la culpabilité, la possibilité d’une rédemption — mais rien ne s’incarne véritablement.
Au final, In Cold Light ressemble à un drame criminel stylisé mais creux, où la faiblesse de l’écriture l’emporte sur les ambitions formelles. Giroux prouve qu’il sait manier l’image, mais il lui faudra un scénario autrement plus solide pour survivre au froid mordant d’un tel univers.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Maxime Giroux
Scénario : Patrick Whistler. Direction photo : Sara Mishara. Montage : Mathieu Bouchard-Malo. Musique : Philippe Brault.
Genre(s)
Suspense
Origine(s)
Canada
Année : 2024 – Durée : 1 h 36 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f. & Version française
À froid
Dist.
Entract Films
Contact & Prod.
[ Elevation Pictures ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Cineplex

Maxime Giroux
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Au final, In Cold Light ressemble à un drame criminel stylisé mais creux, où la faiblesse de l’écriture l’emporte sur les ambitions formelles. Giroux prouve qu’il sait manier l’image, mais il lui faudra un scénario autrement plus solide pour survivre au froid mordant d’un tel univers.