The Odyssey
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 juillet 2026
Le roi Ulysse, après avoir remporté la guerre de Troie, tente de traverser les mers pour retrouver son épouse Pénélope et son royaume d’Ithaque. Son voyage de retour prendra dix ans et le verra affronter de nombreux dangers.
Coup de ❤️
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★★ ½
Heureux qui comme
Ulysse
a fait un long voyage

Les rumeurs circulaient depuis de nombreux mois autour du nouveau Christopher Nolan. Comment aborder une épopée grecque antique, un poème que seul l’écrit peut rendre compte de toute sa magnitude, son importance dans la civilisation occidentale.
Pour Nolan, maître incontesté d’un cinéma personnel, totalement construit autour d’une idée du monde, d’un formalisme à toute épreuve, blindé, libre de toute influence, une urgence, une gageure à soi-même d’une part, non pas pour s’illustrer aux yeux du monde et des autres cinéastes, mais se donnant la conscience d’un individu responsable du contexte politique d’aujourd’hui, se fier à la civilisation antique hellénique comme garante de la démocratie et constater quel en est l’état aujourd’hui.
Sur ce point, The Odyssey est un film farouchement politique que les dirigeant(es) d’état se doivent de voir et réfléchir sur où nous en sommes.
The Odyssey, c’est une culture grecque où les Dieux et les Déesses partagent avec les Hommes (dans le sens de Anthropos) leurs cénacles restreints. Et ces terriens peuvent les contester.
Dans cette histoire du roi Ulysse qui, après la guerre de Troie met dix ans à revenir dans son île d’Ithaque pour revoir les siens, sa Pénélope et son fils Télémaque, le poème homérien intègre magnifiquement bien les images en mouvement, le cinéma devenant une sorte de mise en abyme de l’écrit.
Christopher Nolan est un magicien en quelque sorte. Il a sans doute relu le Homer pour constater les écueils qui auraient pu mettre en péril la proposition cinématographique. Sans compter les lieux de tournage, proches de l’ancienne Grèce. Et plus encore, parler de ses travaux d’Ulysse, comme on peut parler des travaux d’Hercule.

La mer devant nous, dans une attente insoutenable.
Ses rencontres mythiques et légendaires que sont celle avec la magicienne Circé, le Cyclope Polyphème (le meilleur vu jusqu’ici au cinéma), l’épisode des sirènes qui, en soi, est un véritable hommage au travail du son au cinéma plus que tout autre chose, la nymphe Calypso, la princesse Nausicaa et le cheval de Troie, comme jamais vu auparavant au cinéma, une proposition jusque-là inégalée, un mélange où l’hommage au péplum d’une certaine époque rejoint l’esprit créatif d’un cinéaste accompli.
Tout au long de ce processus hautement intellectuel, Nolan ne cesse de renforcer le propos humaniste comme garant d’une civilisation qui ne tient pas à disparaître. Son film est un cri du cœur, une rencontre entre les mythes qu’on s’invente et les réalités qui, le plus souvent, les détruisent.
Intentionnellement, nous ne parlerons pas des comédiennes et des comédiennes, une pléiade d’artistes impeccables. Bien que Matt Damon (Ulysse) et Anne Hathaway (Pénélope) habitent densément leur personnage.
Le miracle dans ce film, c’est bel et bien que l’original d’Homère semble avoir été écrit pour le cinéaste, et que cette attente depuis des temps immémoriaux cesse son propre odyssée pour rejoindre un 21e siècle, jusqu’ici tortueux.
On pourrait, à la rigueur, avoir des réserves quand, dans un souci d’intégration des différentes minorités actuelles, si importantes de nos jours, certains personnages ne soient pas crédibles quant aux lieux représentés, ce qui n’enlève en rien leur talent. Mais quand même !
Le miracle dans ce film, c’est bel et bien que l’original d’Homère semble avoir été écrit pour le cinéaste, et que cette attente depuis des temps immémoriaux cesse son propre odyssée pour rejoindre un 21e siècle, jusqu’ici tortueux.
En fin de compte, avec The Odyssey, œuvre-phare du cinéma contemporain, Christopher Nolan nous fait prendre conscience de la fragilité et de la grandeur de l’âme humaine, véritables paradoxes de la séduction dans son aspect le plus pur.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Christopher Nolan
Scénario : Christophopher Nolan; d’après le poème épique d’Homère. Direction photo : Hoyte van Hoytema. Montage : Jennifer Lame. Musique : Ludwig Göransson.
Genre(s)
Aventures mythologiques
Origine(s)
États-Unis / Grande-Bretagne
Année : 2026 – Durée : 2 h 52 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f. & Version française
L’Odyssée
Distribution
Universal Pictures
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[ Syncopy ]

Christopher Nolan
Crédit : @ YouTube
Diffusion
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Le miracle dans ce film, c’est bel et bien que l’original d’Homère semble avoir été écrit pour le cinéaste, et que cette attente depuis des temps immémoriaux cesse son