A Real Pain
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 15 novembre 2024
Deux cousins aux caractères diamétralement opposés, David et Benji, se retrouvent à l’occasion d’un voyage en Pologne afin d’honorer la mémoire de leur grand-mère bien-aimée.
CRITIQUE
Élie Castiel
★★★ ½
Le souffre-douleur
Un voyage en Pologne tel qu’écrit dans le testament de la grand-mère de deux cousins, Juifs américains, David, campé par un Jesse Eisenberg, également scénariste-réalisateur, devenu véritable coqueluche du indie « Made in USA » – qui, selon notre perception des choses, peut captiver ou au contraire, rebuter en tant qu’acteur – et Benji, Kieran Culkin, déjà gigantesque dans la magnifique télésérie Succession, ici une véritable bête de scène qui joue sur divers registres, du comique le plus sophomore au tragique profondément bouleversant. Un grand acteur, qui m’a probablement conduit à augmenter ma cote de trois étoiles à trois et demie, même si, dans l’ensemble, la critique est majoritairement unanime à tous les égards.
Mais bon !
La mise en scène, avouons-le, est d’une simplicité étonnante. Un récit minimaliste qui fait monter à la surface des moments étonnants (dîner à table, échanges avec le guide touristique en Pologne, interactions entre David et Benji, la pose de pierres à la porte de la maison où a vécu la grand-mère…). Toujours est-il que le thème de la douleur, très évident dans le film, contient son lot d’accents comiques, certes, d’autres bouleversants, mais parfois atteints d’une sécheresse évidente, surtout émanant de la part de David/Eisenberg, qui peuvent décontenancer certains spectateurs. Une question de perception.

Deux conceptions du monde, et pourtant…
Entre David, l’intellectuel, et Benji (qui, entre autres, signifie se jeter dans le vide) une sorte de correspondance d’esprit qui se crée au cours du voyage, passant à une vitesse éclair dû au montage de Robert Nassau, et soyons honnêtes, les diverses variations d’une musique de Chopin, tout à fait normal vu le contexte dont il est question. Une mise en scène, faut-il souligner, adroitement contrôlée.
Un film d’une simplicité élégiaque, fougueusement indépendant, donnant à ce genre américain, né probablement à Sundance, ses lettres de noblesse. La dernière courte séquence, juste avant le générique de fin, celle montrant Benji à l’aéroport, est d’une tristesse et mélancolie déchirantes.
Mais une fois de plus, Culkin illumine l’écran, donne au film sa raison d’être, déploie un énorme travail de composition(s) d’où jaillissent des moments miraculeux et persuadent le plus récalcitrant des détracteurs.
Un film d’une simplicité élégiaque, fougueusement indépendant, donnant à ce genre américain, né probablement à Sundance, ses lettres de noblesse. La dernière courte séquence, juste avant le générique de fin, celle montrant Benji à l’aéroport, est d’une tristesse et mélancolie déchirantes.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jesse Eisenberg
Scénario : Jesse Eisenberg
Images : Michael Dymek
Montage : Robert Nassau
Musique
[ Chopin et autres artistes classiques ]
Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2024 – Durée : 1 h 30 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.
Une vraie douleur

Jesse Eisenberg
Dist. [ Contact ] @
Searchlight Pictures
[ WME Independent ]
Diffusion @
Cinéma du Parc
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]