Andrea Peña
« Bogotà »
@ Usine C
CRITIQUE
[ Danse ]
Élie Castiel
★★★ ½

Andra Peña
Crédit : Usine C
La grande partie du décor dans Bogotà tient dans ces échafaudages, comme signes d’un pays, la Colombie, en marasme et reconstruction – politique ? sociale ? individuelle ? À l’heure où nos voisins du sud remettent en question les gouvernements latino-américains, selon leurs idéologies respectives, force est de souligner l’impact que peut avoir cette œuvre d’une portée révélatrice. Par les temps qui courent, nous devons nous intéresser à tout ce qui se passe dans le monde et non seulement à notre petit coin de pays.
Rebâtir
dans
le vide
Notamment en raison de ce que la chorégraphe Andrea Peña en fait. Des corps où la nudité partielle des danseurs et danseuses participent de cet argumentaire voulant que la Colombie est nue et qu’elle a besoin non seulement d’une solide remise en question globale, mais encore de ce lien qui l’unit au reste du continent, de son Histoire et au reste du monde.
Les échafaudages, très bonnes pièces métalliques que des chorégraphes dans certains spectacles de cabaret des années 60 (du siècle dernier, bien sûr) utilisaient subtilement, quasi en cachette, pour laisser entendre leur discours politique, du moins à ceux et celles qui pouvaient comprendre la métaphore. Ces mises en scène reflétaient la vie nocturne d’une Europe libre, Londres, Paris, Hambourg et Berlin étant les points de référence.
Ici, dans cette ville de Bogotà qui se veut à la fois baroque et moderne, spirituelle et individuelle, le concept ne peut être que plus séduisant.

Se reprendre en main collectivement.
Crédit : Usine C
Le programme parle de « design brutaliste » ; certes, il en est question, mais l’ensemble se partage aussi cette incursion vers la vide, resserrant ainsi le caractère de nudité partielle des interprètes, mais également cet abandon, apathie ou encore vacuité sociale et/ou individuelle.
Le bouleversement règne, l’esprit de solidarité se veut aussi spirituel que transcendant, l’anarchie s’impose et après quelques soubresauts auxquels s’adonnent l’équipe, un rappel au renouveau, plutôt que le terme « résurrection », car à notre humble avis, ce Bogotà n’a absolument rien de claustral. Cela fait du bien à constater.
Des gestes dansés en commun, brutaux, soudain pris d’une certaine fausse accalmie qui ne dure que quelques instants. Quelques pas en mode solo, mais pris par un engagement que la chorégraphe exige d’eux, les protagonistes prennent conscience du bien-fondé de la proposition et les corps se mêlent l’un à l’autre, l’un dans l’autre pour consolider l’état d’esprit et de lieu. À souligner que c’est dans un apport sonore et musicale d’une sévérité sensuelle, primaire, glorieusement à l’état de nature.
Le bouleversement règne, l’esprit de solidarité se veut aussi spirituel que transcendant, l’anarchie s’impose et après quelques soubresauts auxquels s’adonnent l’équipe, un rappel au renouveau, plutôt que le terme « résurrection », car à notre humble avis, ce Bogotà n’a absolument rien de claustral. Cela fait du bien à constater.
Durée
1 h 15
(sans entracte)
Diffusion & Billets
Usine C
[Salle 1]
Aujourd’hui et demain
19 h
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
