Aucun autre choix
P R I M E U R
Sortie
Jeudi 25 décembre 2025
Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec.
ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier
★★★★
Perdre
la raison

Il y a quelque chose de presque rassurant à voir Park Chan-wook revenir au cinéma après ses détours télévisuels, comme un cinéaste qui aurait rangé ses couteaux trop affûtés pour revenir avec une lame moins voyante, mais tout aussi tranchante. Aucun autre choix / No Other Choice confirme ce que l’on pressentait déjà depuis Decision to Leave : le réalisateur de Oldboy s’est assagi, oui, mais il n’a rien perdu de sa lucidité ni de son sens du malaise. Simplement, la colère s’est faite plus sourde, plus adulte, canalisée dans une mise en scène élégante où la cruauté n’explose plus, elle s’infiltre.
Park adapte enfin ce projet qu’il mûrit depuis le début des années 2010, le roman Le Couperet de Donald E. Westlake, déjà porté à l’écran par Costa-Gavras en 2005. Comparaison inévitable, mais inutilement défavorable : Park ne refait pas le film de Costa-Gavras, il le déplace, le recontextualise, l’imprègne d’une sensibilité coréenne marquée par la pression sociale et le culte de la réussite.

Douter de tout.
Porté par un Lee Byung-hun impeccable, tout en sourire crispé et en désespoir intériorisé — un contrepoint fascinant à sa performance plus démoniaque dans I Saw the Devil — et par une Son Ye-jin d’une ambiguïté délicieuse, Aucun autre choix avance à pas mesurés, parfois trop. Oui, la comédie noire accuse certaines longueurs, comme si Park refusait volontairement l’efficacité narrative au profit d’un inconfort prolongé. Mais cette lenteur participe aussi du propos : l’usure, l’attente, la décomposition morale d’un homme broyé par un système qui l’évalue en chiffres et en résultats.
Park Chan-wook ne choque plus comme avant, il observe, dissèque, laisse le spectateur rire jaune avant de réaliser que la blague le vise directement. Moins spectaculaire, plus réflexif, il s’agit là d’un film imparfait, parfois étiré, mais profondément pertinent et, à sa manière feutrée, redoutablement cruel.
Derrière l’humour souvent acide se dessine un constat d’une cruauté tranquille : vivre dans un monde où notre valeur est indissociable de notre productivité, où perdre son emploi revient à se perdre soi-même. Park Chan-wook ne choque plus comme avant, il observe, dissèque, laisse le spectateur rire jaune avant de réaliser que la blague le vise directement. Moins spectaculaire, plus réflexif, il s’agit là d’un film imparfait, parfois étiré, mais profondément pertinent et, à sa manière feutrée, redoutablement cruel.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Park Chan-wook
Scénario : Park Chan-wook, Lee Kyoung-mi, Jahye Lee, Don McKellar; d’après le roman The Ax, de Donald E. Westlake et le film Le couperet, de Costa-Gavras. Direction photo : Kim Woo-hyung. Montage : Kim Ho-bin, Kim Sang-beom. Musique : Cho Young-wuk.
Genre(s)
Comédie noire
Origine(s)
Corée du Sud / France
Année : 2025 – Durée : 2 h 18 min
Langue(s)
V.o. : coréen; s.-t.a. / s.-t.f.
No Other Choice
Eojjeolsuga Eobsda

Park Chan-wook
Dist.
Entract Films
Contact / Prod.
[ Elevation Pictures]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
