The Fire Raven

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 16 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Il y a quinze ans, dans la ville de Duma, le meurtre brutal d’une étudiante a été étouffé par un groupe d’individus riches et puissants. Aujourd’hui, un homme décide de traquer les architectes de cet incident.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Sam Quah

Genre(s)
Suspense policier
Origine(s)
Chine
Année : 2025 – Durée : 1 h 57 min
Langue(s)
V.o. : mandarin; s.-t.a. & chinois
Nisha

Sam Quah

Dist.
Imtiaz Mastan
Contact & Prod.
[ China Lion ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

Yunan

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 16 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Après avoir obtenu l’asile en Allemagne, Munir, un célèbre auteur arabe, n’est pas autorisé à rentrer chez lui. Fatigué et aigri de sa vie en exil, il part à la recherche d’un endroit où se suicider. Il arrive sur une île isolée au bout de la mer du Nord où Valeska, une femme âgée qui l’héberge, reconnaît rapidement ses tendances suicidaires.

 

Le FILM
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |

Pascal Grenier

★★★★

Le vent

nous

emportera

Avec Yunan, Ameer Fakher Eldin confirme qu’il n’est pas qu’une promesse du cinéma d’auteur européen, mais déjà un cinéaste habité, attentif aux silences, aux paysages et aux fractures intimes. Né en Ukraine de parents syriens et établi en Allemagne, Eldin porte en lui un déracinement multiple qui irrigue chaque plan de ce second long métrage impressionnant, à la fois méditation existentielle et parabole discrète sur l’exil, la peur de l’autre et la possibilité fragile de la réconciliation avec soi-même.

Le film s’articule autour de Mounir, incarné avec une sobriété bouleversante par Georges Khabbaz. Dès les premières images, le personnage semble au bord du gouffre, à bout de souffle et écrasé par un poids intérieur que le film ne cherche jamais à expliciter frontalement. Son voyage vers une île isolée au large de l’Allemagne prend rapidement les allures d’un pèlerinage intérieur, presque d’un dernier recours. Eldin filme cette traversée avec une patience rare, laissant les paysages parler autant que les visages. Il y a, dans cette manière de cadrer les horizons brumeux, les routes désertes et les étendues d’eau, un héritage évident de Theo Angelopoulos : un cinéma où l’espace devient mémoire, où chaque déplacement est aussi un déplacement de l’âme.

Hanté par une énigmatique histoire racontée par sa mère — une parabole qui agit comme une ritournelle intérieure — Mounir trouve refuge sur cette île battue par les vents. Là, dans un décor presque hors du temps, il croise Valeska, interprétée par une Hanna Schygulla toujours aussi magnétique, lumineuse et d’une présence désarmante à 82 ans.

La métaphore biblique de la baleine.

Leur rencontre, ainsi que celle avec le fils de Valeska, se déploie dans une économie de mots remarquable. Eldin préfère les gestes simples, les regards, les silences partagés. Et c’est précisément dans cette retenue que le film touche juste.

Yunan observe avec une grande délicatesse la méfiance initiale envers l’étranger, cette peur sourde qui s’installe avant même toute parole. Mais loin du discours appuyé ou démonstratif, le cinéaste montre comment de simples actes de bonté (un repas partagé, une aide discrète, une présence attentive, la musique) suffisent parfois à fissurer les murs les plus épais. Peu à peu, le fardeau de Mounir s’allège, et avec lui renaît un désir de vivre qu’on croyait éteint.

Au final, Yunan s’impose comme un film d’une grande maturité, lent, austère parfois, mais profondément humain. Une œuvre qui invite à la contemplation et rappelle, avec une douceur grave, que l’hospitalité et la bienveillance restent peut-être nos derniers refuges.

La tempête qui fait rage à l’extérieur agit alors comme un miroir de la tourmente intérieure du personnage. Le jeune cinéaste trouve dans ce chaos naturel une forme paradoxale de salut car c’est au cœur du tumulte que Mounir accède à une paix intérieure longtemps refusée. Le film atteint ici une puissance contemplative rare, sans jamais tomber dans le mysticisme facile.

Clin d’œil assumé au cinéma de Béla Tarr, Yunan convoque même, le temps d’une image saisissante, le souvenir des Harmonies Werckmeister à travers la vision d’une baleine échouée, apparition à la fois concrète et métaphorique, suspendue entre l’absurde et le sacré. Au final, Yunan s’impose comme un film d’une grande maturité, lent, austère parfois, mais profondément humain. Une œuvre qui invite à la contemplation et rappelle, avec une douceur grave, que l’hospitalité et la bienveillance restent peut-être nos derniers refuges.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Ameer Fakher Eldin

Scénario : Ameer Fakher Eldin. Direction photo : Ronald Plante. Montage : Ameer Fakher Eldin. Musique : Suad Bushnaq.

Genre(s)
Drame psychologique
Origine(s)
Allemagne / Canada
Italie / Palestine
Qatar / Jordanie
Année : 2025 – Durée : 2 h 05 min
Langue(s)
V.o. : multilingue; s.-t.f.
Yunus

Ameer Fakher Eldin

Dist.
Filmoption International
Contact & Prod.
[
Microclimat Films, Red Balloon Films, Intramovies ]

Diffusion 
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Compagnie Hervé Koubi
@ Place des Arts

 

CRITIQUE
[ Danse ]

Élie Castiel

★★★ ½

Sol Invictus

Gestes

de

défiance

 

Crédit : Mélanie Lhôte

En guise de présentation, le chorégraphe franco-algérien né de deux cultures sémites explique au public les enjeux de sa proposition, clamant que par le biais de danse, l’harmonie entre les peuples peut exister. Par les temps qui courent et vu l’état actuel du monde, vision qui ressemble beaucoup plus à un vœu pieux, mais ce qui ne l’empêche pas de continuer à enrichir son répertoire d’œuvres emblématiques.

Sol Invictus veut dire, du latin, « soleil invaincu » ou encore « soleil invisible ». Dans le cas présent, les deux significations emboîtent le pas l’une après l’autre, l’une dans l’autre, selon les tonalités musicales que procurent Mikael Karlsson, Maxime Bodson, Steve Reich et l’incontournable Beethoven.

Chaque intervention musicale prédispose les 17 interprètes, filles et garçons, de cultures variées, de croyances aussi, d’idéologie politique sans aucun doute, mais pour les besoins de l’art, une sorte de rapports qui s’appuient autant dans l’harmonie que dans des enjeux de négociations sérieuses qui se concluent par des ententes harmonieuses.

Geste politique de la part de Koubi, imposant aux créateurs, peut importe la discipline artistique pratiquée, une vision sur le monde et sur la société selon laquelle l’art ne peut être dissocié du monde.

Harmoniser les genres.
Crédit : Mélanie Lhôte

Parfois, la musique est remplacée provisoirement par des sons venus des cieux, comme des drones ou avions de combat, des bruits inquiétants de fde bombardements pas si lointains, soudainement vaincus par la partition musicale, un combat entre le conflit armé et la résilience humaine. Ce va-et-vient incessant se mesure tout au long de cette aventure chorégraphique avec autant d’improvisation (à moins que ce ne soit pas fait exprès) que de pas et gestes sérieusement imaginés.

Une finale brutale bien réussie où ce qui ressemble à une mer farouchement agitée ou c’est peut-être autre chose, une zone terrestre de combat, s’entremêle aux corps pour proposer un espoir sincère et surtout possible.

Les corps imberbes, toujours en cours dans la tradition du ballet classique, ne sont plus à l’ordre du jour ici, particulièrement chez les garçons. La danse moderne ne s’embarrassent guère de morale d’un autre temps ; ici, les épidermes sont tatoués, les chevelures excentriques, colorées, les costumes, ici, mêlant orientalité et nouvelles modes occidentales, le tout ouvert à un « monde commun » entre l’Orient et l’Occident.

Et une finale brutale bien réussie où ce qui ressemble à une mer farouchement agitée ou c’est peut-être autre chose, une zone terrestre de combat, s’entremêle aux corps pour proposer un espoir sincère et surtout possible.

Durée
1 h 15 min
(sans entracte)
Diffusion & Billets
PdA
Jusqu’au 17 janvier 2026
20 h

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

 

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