On vous croit

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 05 décembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Alice se retrouve devant un juge et n’a pas le droit à l’erreur. Elle doit défendre ses enfants, dont la garde est remise en cause. Pourra-t-elle les protéger de leur père avant qu’il ne soit trop tard ?

 

ANGLE
| CRITIQUE |

★★★★

Élie Castiel

 

 

Voici un film essentiel, qui ne dure que le temps d’aborder un sujet central épineux, sans aller dans toutes les directions ; un sujet depuis toujours actuel, un récit minimaliste sur ces choses que l’on cache pour de nombreuses raisons, pour étouffer l’exactitude d’un fait, d’un comportement irréversible, que rien n’efface de la mémoire, qui reste à jamais en notre for intérieur malgré le passage du temps. Qui existe dans n’importe quelle classe ou condition sociale.

 

Ma parole

contre la sienne

 

C’est une chose indomptable, féroce, qui ose finalement dire son nom, pour que la vérité soit dite à l’heure où ces mots ou maux interdits sortent finalement au grand jour, sans annoncer leurs intentions, la seule évidente étant celle de dire la vérité.

Le premier long métrage de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys et aussi un film sur la durée, 78 minutes seulement au cours desquels plus rien n’a d’importance que de saisir ces moments opportuns pour résoudre un problème familial intense qui renoue avec un certain cinéma axé sur l’essentiel, d’où ce scénario écrit par Devillers et Dufeys selon les règles strictes de l’épurement. Car avant tout, On vous croit, qui donne déjà dès le début le ton de la jurisprudence dans une affaire, disons, de mœurs, est le récit d’une confrontation. Elle contre lui, lui contre elle ; lui qui s’est reconstruit une vie malgré sa possible faute commise.

De quoi peut-elle bien m’accuser ?

Au tribunal de la jeunesse, Alice (exemplaire Myriem Akheddiou, de père marocain et de mère belge) accuse son ex-mari, simplement M. Gossens à qui Laurent Capelluto, Blanc, né au Kinshasa, en RDC, donne cette complexité qui consiste à donner du fil à retordre aux responsables du tribunal. Il expose sa vérité avec un calme souverain, une froideur remarquable, tantôt teintée de candeur vertigineuse.

C’est un film reposant aussi sur ceux que les comédiens donnent d’eux-mêmes, comme si le récit leur appartenait, conscients que la vérité dont il est question ne se soucie guère ni d’un côté que de l’autre : la parole de l’un contre celle de l’autre.

C’est aussi un film sur le cinéma, moyen trompeur ou de découverte et sur ce que le plan peut manifester d’aussi intense que de subordonné aux exigences du thème abordé. Une partie intime qui exige du regard des spectateurs une certaine distanciation qui ne peut être atteinte que par la lucidité de nos propres intentions.

On ne vous dévoilera pas la fin, mais qu’il s’agit d’un film en battements de cœur irréguliers, plusieurs moments intenses, quelques-uns, de repos. Dans cette affaire, pas si étrange dans l’étude de nos sociétés, où le père de famille, écarté des siens pour les raisons que l’on peut deviner, demande la révision d’une décision de justice qui lui refusait tout droit de visite, et aujourd’hui, comme ça, comme si sa nouvelle vie avait effacé tous les doutes à son sujet, il veut que cette affaire soit oubliée.

C’est aussi un film sur le cinéma, moyen trompeur ou de découverte et sur ce que le plan peut manifester d’aussi intense que de subordonné aux exigences du thème abordé. Une partie intime qui exige du regard des spectateurs une certaine distanciation qui ne peut être atteinte que par la lucidité de nos propres intentions.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Charlotte Devillers
Arnaud Dufeys

Scénario : Charlotte Devillers, Arnaud Dufeys. Direction photo : Pépin Struye. Montage : Nicolas Bier. Musique : Lolita Del Pino.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Belgique
Année : 2025 – Durée : 1 h 18 min
Langue(s)
V.o. : français
On vous croit

Charlotte Devillers

Arnaud Duffeys

Dist.
Axia Films
Contact / Prod.
[ The Party Film Sales ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma

[ @ Beaubien ]
Cinémathèque québécoise
 Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

There, There

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 05 décembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les histoires parallèles de Ruth, une femme âgée atteinte de démence obsédée par le fait de nourrir les oiseaux du quartier, et de Shannon, sa jeune aide à domicile enceinte, abandonnée par le père de son bébé.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Heather Young

Heather Young

Genre(s)
Documentaire
Origine(s)
Canada
Année : 2024 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : anglais, s.-t.f.
Ici, ici

Dist.
h264
Contact / Prod.
[ Brass Door Productions ]

Diffusion 
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

2025 revue et corrigée
@ TRV

CRITIQUE
[ Scène ]

Élie Castiel

★★★ ½

 

Crédit : Ève B. Lavoie

Le nouveau directeur du TRV se présente humblement ; en fait, presque timidement, devant une foule de Première médiatique se noyant dans des applaudissements bien mérités.

Et pour cause, avec l’arrivée de Benoît McGinnis à la tête de cette salle mythique (on souhaite que dans ses nouvelles fonction, McGinnis poursuive son métier de comédien), le changement nous semble presque radical, dans le sens positif du terme. Une nouvelle génération de spectateurs, bien entendu sans oublier celles précédentes, des contenus de programmation inspirés en accord avec notre nouvelle société et tout ce que chaque nouveau départ soulève comme motivations.

 

Signes

d’un temps

nouveau

 

Mais la formule du revue et corrigée nous paraît imbattable, sauf que les créateurs de ce bye-bye annuel ont trouvé le concept juste : des sketches plus rapides, au diapason à notre style de vie, des imitations de personnalités de l’année qui s’achève pas nécessairement fidèle aux vrais visages abordés comme ce fut le cas ces nombreuses années. Une année épineuse dans tous les sens du terme.

Aujourd’hui, et 2025 revue et corrigée nous l’a démontré longuement au cours de la soirée. Cris de joie, d’enthousiasme et de folie partagés par un public conquis par une gang de mordus de la scène qui se moque de tout ce brouhaha politico-social. En fait, on se demandait constamment si cet engouement n’était pas, en fait, le résultat de ce vent nouveau plus que tout autre chose ? Pour les anciens, un vent de panique bien contrôlé atteint de nostalgie qu’il faudra remettre aux calendes grecques. Pour les autres, la victoire des temps présents, quels que soient ses qualités et ses (nombreux quand même) défauts.

Total, 29 numéros ; respecter un chiffre rond (pourquoi pas 30) c’est une affaire d’une autre époque. Des bouts très réussis, d’autres moins bien, d’autres profitant de l’espace scénique pour défendre une cause. Bref, un assemblage mordant, quasi-circassien, endiablé, s’en allant volontairement dans toutes les directions, comme la société d’aujourd’hui. Car si on y est, malgré tout, bien installé dans notre monde en dépit de nos petites crises existentielles qui s’y apparentent, on peut suivre cette nouvelle tendance incarnée par cette revue annuelle.

Crédit : Ève B. Lavoie

Un certain dénommé D. Trump (imitateur, bien sûr) s’empare fréquemment de la scène, laisse la place à d’autres personnalités, le temps de se ressourcer et de revenir à gros pas. Les publicités à la télévision, comme celle de ces « bobettes » Manmade (caleçons ou boxers pour gars), ainsi que celle-ci accordée à Rona (un best-seller dans nos achats) ont séduit (les soutien-parties-intimes surtout).

Antoine Bertrand, Prince malgré lui de l’écran québécois, faisait partie des personnalités imitées. Grand moment de scène, mais dans le même temps, il est impossible pour le critique engagée de ne pas penser à l’esprit box-office auquel l’industrie locale (surtout du côté cinéma) mène à bien sa stratégie en ce qui a trait à Bertrand. Car revue et corrigée a ceci de particulier qu’en dehors des sketchs eux-mêmes, notre esprit ne cesse de divaguer vers d’autres terrains associés.

Les boys de la CAQ nous ont séduit par leurs velleités d’une autre époque qui, en ce moment, leur fait perdre des ailes. On reprend les bobettes de Manmade. Était-ce nécessaire, même si ça atteint notre sourire ?

Un assemblage mordant, quasi-circassien, endiablé, s’en allant volontairement dans toutes les directions, comme la société d’aujourd’hui. Car si on y est, malgré tout, bien installé dans notre monde en dépit de nos petites crises existentielles qui s’y apparentent, on peut suivre cette nouvelle tendance incarnée par cette revue annuelle.

Six Trump apparaissent comme par magie. On aurait pu, à la place, aborder le conflit Hamas-Israël, avec ses atrocités d’un côté comme de l’autre. Mais on peut comprendre : c’est une situation complexe et prendre parti pour tel ou tel bord peut s’avérer idéologique, politiquement dangereux et compliquer les choses encore plus. Sans oublier la réaction de la salle que l’on devine qui peut, elle aussi diviser.

Le numéro Duhaime est vraiment drôle. Il essaie toutes les combinaisons pour être admis à la Chambre. Vous verrez. Le patron d’Air Canada parle toujours un français très discutable. Boucar et la culture a épaté la galerie : fines pointes d’humour, belle assemblée de personnages. Pour éviter un autre Trump tannant, on a recours à sa porte-parole, la Leavitt. Rien à ajouter : c’est bien elle. Et bien entendu, la STM et ces innombrables grèves parsemées selon les caprices du moment.

Un 20e anniversaire du Bye-Bye-Rideau-Vert qui sera sans doute totalement revu et corrigé pour son 21e anniversaire, alors qu’il entre officiellement dans « l’âge adulte ».

FICHE PARTIELLE DE CRÉATION

Textes
Mathieu Bouillon, Nicolas Forget

Luc Michaud, Dominic Quarré
Odrée Rousseau
Script-édition
Luc Michaud
Mise en scène
Natalie Lecompte
Assistance à la mise en scène
Pascale d’Haese

Interprètes
Pierre Brassard, Benoît Paquette
Monika Pilon, Marie-Ève St-Martin
Catherine Souffont-Darbouze

Crédit : Martin Girard (Shoot Studio)

Scénographie & Éclairages
Nicolas Ricard

Costumes
Suzanne Harel

Musique
Christian Thomas

Chorégraphies
Maud Saint-Germain

Durée
1 h 45 min
[ Sans entracte ]

Public (suggéré)
Tout public

Diffusion & Billets
TRV
Jusqu’au 10 janvier 2026
(incluant les Supplémentaires)

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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