Francine Laurendeau
< 1939-2025 >

un Hommage
de Pierre Pageau

 

La Francine Laurendeau que j’ai connue

Radiowoman à Radio Centre-Ville

 

J’ai d’abord connu le nom de Francine Laurendeau (années 60-70) alors que, bon étudiant au collège classique, je lisais ses textes sur le cinéma dans Le Devoir. Je croyais savoir qu’elle était la fille d’André Laurendeau, sans plus.

Je pourrais témoigner d’anecdotes générales, comme je l’ai fait dans l’ouvrage de Stéphane Lépine. Mais je voudrais ces jours-ci évoquer des éléments encore plus personnels. Ainsi le goût de Francine pour la baignade. Je lui avais parlé de mon chalet où je pouvais faire aussi bien de gros feux de camp (bivouac pour les amis scouts) ainsi que des baignades avec une plage de sable unique et une rivière presque parfaite (La Diable). Mais cela ne s’est pas concrétisé. Cependant un jour que je lui parlais, elle me dit qu’elle va se baigner dans la piscine de son nouveau logement (chemin de la Côte Sainte-Catherine) ; je suis prêt à parier que c’est elle qui a demandé à son amoureux Jean-Claude Labrecque de louer à cet endroit pour précisément avoir accès à une piscine. Bref, je dis à Francine : « Attends-moi j’arrive ». Et je me suis bien retrouvé avec elle dans la piscine de son logement. J’ai pu constater que Francine est une super nageuse ; elle a fait plein de longueurs. Je dirais même qu’elle m’est apparue comme athlétique.Suite

L’antre d’eux
@ La TOHU

 

CRITIQUE
[ Art circassien ]
Élie Castiel

★★★ ½

À l’air

du temps

 

Crédit : Caroline Thibault

Ça faisait un long bail que je n’avais pas couvert le(s) spectacle(s) de la cohorte des finissants de l’École nationale de cirque. Peu importe la raison, mais particulièrement pour l’emplacement de l’institution, trop éloignée dans mon cas.

Première impression avec L’antre d’eux, titre stratégique, bien choisi, suggérant ce lieu qu’on choisit pour créer loin des autres, peaufiner le meilleur qu’on a de soi. Mais dans le même temps, tenter par tous les moyens – et sur ce plan, les artistes sur place ont en à revendre – de parvenir à un show des plus aboutis.

Le tout, avec une économie dans les accessoires, des simples panneaux, morceaux de pièces carrées, rectangles ou autres formes géométriques, pour finalement parfaire leurs pirouettes très souvent risquées pour convaincre un auditoire déjà conquis.

Dans le passé, on assistait à des mises en scène qui poussaient vaillamment vers des structures visuelles plus sophistiquées, loin de celles du Cirque du Soleil, mais également saisis par cet élan de sensibilité et notamment de sincérité de toute l’équipe des créateurs.

C’est encore ce qu’on admire toujours chez les finissants de la présente cohorte : risquer les erreurs, elle peut arriver même chez les professionnels (et pourquoi pas ? ), ne pas se sentir coupable d’en faire, continuer son travail, par ailleurs, très bien accompli et surtout, connaître parfaitement son public qui, lui, est toujours prêt à pardonner – La preuve, chaque petite erreur est applaudie à chaudes mains. Ce rapport familial est une preuve aujourd’hui que les rapports autrefois inexistants entre le public et l’espace scénique disparaissent petit à petit.

Crédit : Caroline Thibault

D’aucuns ne partageront pas cette nouvelle approche. Mais force est de souligner que sous la houlette de Nicolas Boivin-Gravel, qui ressent les besoins d’une nouvelle génération de circassiens, les enjeux ne sont plus les mêmes.

Une chose est certaine : se mettant au diapason de son temps, L’antre d’eux se veut un exemple artistique lumineux de son époque.

Elles et ils sont partout, sur la scène et dans les gradins, n’hésitent pas à crier fort, à épouser des comportements naturels, tout en épatant la galerie. Les acrobaties aériennes sont privilégiées, la fameuse roue Cyr fait partie des meubles et de la gestuelle, la roue allemande ne s’invente plus, diabolo, cerceau aérien et d’autres accoutrements du cirque s’assument.

Crédit : Caroline Thibault

Le message : un nouveau monde non-binaire (sans trop provoquer quand même) où les sexualités alternatives ne se cautionnent pas – un numéro chanté, d’une subtilité chatoyante est le numéro le plus applaudi. Le couple de garçons, par le biais de la bagarre comme dans la petite école, partage ce sentiment amoureux montré avec une hiérarchie qui ne choque guère. Ils sont l’âge du consentement, et c’est très bien comme ça.

Une chose est certaine : se mettant au diapason de son temps, L’antre d’eux se veut un exemple artistique lumineux de son époque.

Diffusion & Billets @
La TOHU
Jusqu’au 8 juin 2025

Classement
Tout public

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Le Point |.| 22
du Ven 30 mai au Jeu 6 juin 2025

Brouhaha

Une nouvelle chronique irrégulière, selon les humeurs ou des nouvelles du milieu qui ont retenu notre attention. Le tout, vite dit, pour ne pas brouiller les pistes, mais surtout afin de situer notre publication parmi celles qui comptent, sans agresser le lectorat. Comme preuves à l’appui, la qualité des textes publiés et de longues années de travail non-rémunéré, comme c’est le cas chez nombreux acteurs dans le métier.

Quant au brouhaha dont il est question : depuis quelque temps, un an au minimum, la distribution des films dans notre ville considérée comme le bastion de la culture au Québec, les films annoncés dans les réseaux sociaux (sites et autres) finissent par se retrouver hors-Montréal. On finit par ne plus suivre, et ce qui prenait moins de temps à formater notre Sommaire, en prend beaucoup plus, sans compter que des films annoncés sont retirés sans avis de l’affiche (pas souvent, mais ça arrive). Dans un sens, il faut consulter les sites Internet des salles presque quotidiennement pour « être à jour », comme on dit.

Élie Castiel
Rédacteur en chef

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