Moi qui t’aimais

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 décembre 2025

SUCCINCTEMENT
Elle l’aimait plus que tout, il l’aimait plus que toutes les autres. Simone Signoret et Yves Montand étaient le couple le plus célèbre de leur temps.  Hantée par la liaison de son mari avec Marilyn Monroe et meurtrie par toutes celles qui ont suivi, Signoret a toujours refusé le rôle de victime. 

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★

 

Le film de Diane Kurys, qu’on avait perdue de vue ces derniers temps, commence par un prologue presque théâtral – les deux comédiens, Roschdy Zem et Marina Foïs sont dans une salle de maquillage, s’apprêtant à parler de leurs rôles respectifs : Yves Montand et Simone Signoret.

 

Je l’aime…

lui aussi

 

Belle perspective que celle de la cinéaste, entre autres du très charmant et nostalgique La Baule-les Pins  et de l’inoubliable Coup de foudre : aborder un sujet délicat sur deux grands du cinéma, Montand et surtout Signoret, parler de leur intimité, leur idée du couple, les fastes légendaires de Montand pour la gent féminine (Marilyn Monroe et tant d’autres), le désespoir de Signoret qu’à mesure qu’on prend de l’âge, dans le cas des femmes, les rôles deviennent de plus en plus discrets.

C’est de ces angoissantes questions que le film de Diane Kurys parle, mais aussi de l’art d’interprétation et de pouvoir réunir une foule de vedettes connues du cinéma français de l’époque par le biais d’interprètes, il y va de soi : Serge Reggiani (Thierry de Peretti), Jean-Louis Trintignant (Timothée de Fombelle), Nadine Trintignant (Léonor Oberson), Alain Corneau (Sébastien Pouderoux), Catherine Allégret (Raphaëlle Rousseau) et François Périer (Vincent Colombe).

C’est peut-être le temps que nous fassions un bilan.

Des propos prenants, captivants même, nous éclairant sur une idée politique de la France de l’époque, bouleversant sur la façon dont ils voient le couple.

Filmer un mythe, une idéalisation cinématographique qui demeure dans la mémoire des spectateurs tout au long de la projection.

La biographie perd ainsi ses droits face au pouvoir du cinéma, laissant ce dernier la place qu’il retient pour filmer selon ses propres convictions.

De nouveau, un film sur la puissance du mythe, tel que nous le concevons selon notre regard sur les images en mouvement. Ou peut-être ce que nous aurions voulu que soit la vie.

Entre le plaisir de voir Montand et la nostalgie que procure Signoret, deux vedettes imprégnées de leurs personnages respectifs. Zem, si peu proche facialement de Montant, le projette néanmoins avec un délire de maître; Foïs, dans son parcours particulier, donne une essence transcendante à sa Signoret.

De nouveau, un film sur la puissance du mythe, tel que nous le concevons selon notre regard sur les images en mouvement. Ou peut-être ce que nous aurions voulu que soit la vie.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Diane Kurys

Scénario : Diane Kurys. Direction photo : Philippe Rousselot. Montage : Manuel De Sousa. Musique : Philippe Sarde.

Genre(s)
Drame biographique
Origine(s)
France
Année : 2024 – Durée : 1 h 59 min
Langue(s)
V.o. : français
Moi qui t’aimais

Diane Kurys

Dist.
Axia Films
Contact / Prod.
[ New Light Films ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Resurrection

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 décembre 2025

SUCCINCTEMENT
Un jeune homme rêveur se réincarne dans cinq époques. Tandis que le XXe siècle défile, une femme suit sa trace.

Le FILM
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★★

 

Rêver encore

de ces images

qui bougent

 

Pour atteindre l’incontournable mortalité, redevenir humain et ainsi finir un jour de vivre, pour atteindre un au-delà selon nos croyances respectives ou notre philosophie de vie si on a choisi de ne pas croire à une quelconque divinité.

Pour Bi Gan, cinéaste exemplaire proche d’un Apichatpong Weerasethakul, dont le plan est une affaire de morale, et donc plus important que le contenu, ou mieux encore définit le contenu, le rêve dont il s’agit est, dans Resurrection, titre emblématique, celui d’évoquer le cinéma, comme fenêtre ouverte sur le monde ; parler de son histoire, ses influences à travers le temps, de contemporanéité, de son impact sur l’individu, sur ses histoires d’amour, de mort et de création.

Film en épisodes, comme les âges de la vie, comme si du coup, ces cinq épisodes développés au cours des 160 minutes de durée se transformaient en fervents éléments formels d’une puissance inégalée, rejetant d’office le cinéma linéaire.

Resurrection devient ainsi une sorte de post-plan-séquence où on finit par comprendre que tous les chapitres se conjuguent en un amalgame énergisant, une fusion commune, même si chacun d’eux comprend son propre plan-séquence et l’un d’eux le dépasse de loin.

Une sorte de vide existentiel aux multiples possibilités.

Quelques genres cinématographiques sont explorés, certains pas très précisément car Bi Gan, volontairement, place le spectateur dans une condition de complice, comme tenter de comprendre tel ou tel plan, voir son rapport à la narration, au genre dont il est question. Comme le dialogue est plutôt restreint dans un film d’une telle durée, cela n’aide pas.

Essayer d’entrer dans l’univers sémantique de Bi Gan, tant au niveau du langage que celui de l’esthétique est un exercice périlleux. Et cette difficulté, le cinéaste du prodigieux Un grand voyage vers la nuit / Long Day’s Journey into Night en est conscient.

Bi Gan, avec sa puissante Resurrection, se console en combattant ce mauvais présage, en constituant une œuvre sincère, vitriolique envers les sans-rêves de tout acabit, laissant présager un avenir plus prometteur pour l’art qu’il défend. Mais plus simplement, il renforce l’idée selon laquelle le cinéma est une expérience collective qui se joue en groupe, socialement, comme pour prouver amoureusement qu’on existe.

Mais avant tout, le film de Bi Gan est un avertissement, un rappel bouleversant que le cinéma ne doit pas cesser d’exister. D’où le premier épisode, le meilleur à notre sens, où le 1.33 : 1 domine, explorant astucieusement le cinéma des premiers jours. Suivront le 1.85 : 1 et le 2.39 : 1, ces évolutions fantastiques parsemées parfois d’embûches. Dans Le mépris, à mon sens le meilleur Godard, il est écrit quelque chose comme « le cinéma est un art sans avenir » et c’est à l’intérieur d’une salle de projection de Cinecittà.

Bi Gan, avec sa puissante Resurrection, se console en combattant ce mauvais présage concernant le plus jeunes des sept arts en constituant une œuvre sincère, vitriolique envers les sans-rêves de tout acabit, laissant présager un avenir plus prometteur pour l’art qu’il défend. Mais plus simplement, il renforce l’idée selon laquelle le cinéma est une expérience collective qui se joue en groupe, socialement, comme pour prouver amoureusement qu’on existe.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Bi Gan

Scénario : Bi Gan. Direction photo : Jing Song Dong. Montage : Bi Gan. Musique : M83.

Genre(s)
Drame fantaisiste
Origine(s)
Chine / France
Année : 2025 – Durée : 2 h 40 min
Langue(s)
V.o. : mandarin, s.-t.a. ou français
Kwangie shidai

Bi Gan

Dist.
Enchanté Films
Contact / Prod.
[ FilmsWeLike ]

Diffusion 

Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée & du Parc]

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Song Sung Blue

P R I M E U R
Sortie
Mercredi 24 décembre 2025

SUCCINCTEMENT
Deux musiciens fauchés redonnent vie à la musique de Neil Diamond en formant un groupe lui rendant hommage.

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Craig Brewer

Genre(s)
Drame biographique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 2 h 12 min
Langue(s)
V.o. : français & Version française
Song Sung Blue
Sur un air de blues

Craig Brouwer

Dist.
Universal Pictures
Contact / Prod.
[ Focus Features ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

1 93 94 95 96 97 959