Côté Danse
@ Place des Arts
CRITIQUE
[ Danse ]
Élie Castiel
★★★★

Crédit : Sacha Onyschenko
Les troublants jeux d’éclairages y sont pour quelque chose dans cette chorégraphie sur les changements climatiques telle que créée par l’incontournable Guillaume Côté, artiste de la capitale nationale. La métaphore politique, par le biais de la danse, prend des allures d’apaisement malgré la gravité du sujet. Côté ne désespère pas ; au contraire, ses interprètes, totalement immergés dans un espace-danse qui ne laisse aucun recours aux velléités extérieures, ne jurent que par le mouvement, le rythme, le plaisir de danser, conscient, faut-il en convenir, du thème dont il est question, mais également submergés par un esprit d’équipe, ou mieux dit, d’un rapport de force entre la proposition du chef-chorégraphe et leur propre interprétation.
Carmin
profond
Ce qui est d’autant plus fascinant que Guillaume Côté, tout consciemment, leur laisse le libre choix. Et justement, ces changements d’éclairages interviennent dans la proposition. Le rouge cramoisi s’impose le plus souvent, le bleu tente de se frayer un chemin de façon tenace, parfois le neutre intervient comme pour retenir la tension créée par la musique d’Amos Ben-Tal, subliminale soit-dit-en passant. Les gants longs qui couvrent le bras au-delà du poignet sont rouges, mais ils disparaissent selon les circonstances, au même titre que les éclairages. Il s’agit là d’une « mise en scène » brillamment coordonnée.

Crédit : Sacha Onyschenko
Les interprètes, aux origines, d’après leur nom, diverses, participent de ce jeu sociopolitique d’inclusion de plusieurs nationalités, prouvant jusqu’à quel point le projet de Côté est universel. Un titre explicite, Burn Baby Burn, que l’on pourrait traduire par « Brûle, bébé, brûle », aux accents toniques, là ou tension côtoie quiétude, et soudain, sans qu’on s’y attende, une reprise du déchaînement (climatique) qui finit par retenir notre ébahissement.
Côté ne désespère pas ; au contraire, ses interprètes, totalement immergés dans un espace-danse qui ne laisse aucun recours aux velléités extérieures, ne jurent que par le mouvement, le rythme, le plaisir de danser, conscient, faut-il en convenir, du thème dont il est question, mais également submergés par un esprit d’équipe, ou mieux dit, d’un rapport de force entre la proposition du chef-chorégraphe et leur propre interprétation.
Les tonalités musicales de Ben-Tal soulignent cet engouement pour des disparités en tout genre, car tout n’est pas égal dans ce jeu de correspondances ; tout ne se conjugue pas aux mêmes huit temps, mais selon les hasards.
C’est de ces circonstances temporelles que dépend cette chorégraphie savamment orchestrée dont la finale, malgré ce qui ressemble à des miettes de cendres qui tombent doucereusement d’un lieu céleste, indique sournoisement que l’espoir réside dans la sérénité conquérante que manifestent les danseuses et danseurs.
FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Guillaume Côté.
Interprètes
Demetri Apostolopoulos
Jessica Germano, Martha Hart
Kevin Lau, Griffen Grice
Willem Sadler, Katherine Semchuk
Evan Webb, Carleen Zouboules.
Musique
Amos Ben-Tal
Costumes
Yso South
Éclairages
Simon Rossiter.

Crédit : Sacha Onyschenko
Durée
1 h
(sans entracte)
Diffusion & Billets
PdA
[Théâtre Maisonneuve]
Jusqu’au 29 novembre 2025
20 h
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
