Crime 101
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 13 février 2026
Suite à des vols de bijoux ayant lieu sur la côte pacifique, la police établit un lien entre ces vols et les cartels colombiens. Mais l’inspecteur Lou Lubesnick pense autrement.
ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier
★★★
Un polar qui
joue au grand
Neuf ans après American Animals, Bart Layton délaisse le terrain glissant du docu-fiction pour s’attaquer au thriller policier pur et dur avec Crime 101. Un geste ambitieux, presque téméraire. Dès les premières minutes, les comparaisons avec Michael Mann s’imposent comme une ombre écrasante avec la tentative de reproduire la rigueur nocturne de Thief, les face-à-face tendus de Heat et cette fascination pour les professionnels du crime qui vivent selon un code. Layton vise haut. Trop haut même.
Son film adopte une posture old school assumée — voitures lustrées, silences lourds, regards qui en disent long — mais il lui manque l’électricité dans l’air, cette tension sèche qui transforme chaque échange en duel moral. Là où Mann sculpte le temps et fait vibrer la nuit, Layton semble surtout en reproduire la surface. Le vernis est impeccable, la mécanique appliquée, mais l’âme ne suit pas.
On suit trois trajectoires appelées à se croiser : Chris Hensworth en voleur solitaire, presque pacifique, guidé par un sens éthique qui frôle la caricature ; Mark Ruffalo en un policier déchu, convaincu de flairer quelque chose que personne ne veut entendre et enfin, Halle Berry en femme de carrière malheureuse, coincée dans le rôle ingrat de balance malgré elle. Sur papier, le trio de vedettes promet des étincelles. À l’écran, les liens paraissent artificiels, comme si le scénario forçait la convergence plutôt que de la laisser émerger naturellement. Chacun défend un archétype plus qu’un véritable personnage, et cette superficialité finit par miner l’investissement émotionnel.

Tenter de rectifier le tir.
Le problème majeur demeure toutefois le sérieux implacable avec lequel Crime 101 se contemple. Layton filme son récit comme s’il disséquait une tragédie moderne, alors que l’histoire, somme toute banale, ne justifie pas une telle gravité. Les rebondissements arrivent sans réelle surprise, les confrontations manquent de nerf, et le suspense, malgré les efforts évidents, plafonne rapidement.
Crime 101 n’est pas un échec cuisant. C’est un film appliqué, élégant par moments, ambitieux dans ses intentions. Mais face aux monuments qu’il convoque implicitement, il fait pâle figure. À force de vouloir jouer dans la cour des grands, Layton signe un thriller qui admire ses modèles plus qu’il ne les égale — un exercice de style respectable, mais étonnamment tiède.
Ironiquement, c’est la trame sonore de Benjamin John Power qui insuffle le plus de vitalité au film. Ses nappes électroniques cherchent constamment à rehausser la tension, à créer un pouls que l’image peine à soutenir. Mais la musique ne peut pas tout. Elle souligne, amplifie, dramatise — sans jamais parvenir à compenser le déficit d’intensité dramatique.
Crime 101 n’est pas un échec cuisant. C’est un film appliqué, élégant par moments, ambitieux dans ses intentions. Mais face aux monuments qu’il convoque implicitement, il fait pâle figure. À force de vouloir jouer dans la cour des grands, Layton signe un thriller qui admire ses modèles plus qu’il ne les égale — un exercice de style respectable, mais étonnamment tiède.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Bart Layton
Scénario : Bart Layton; d’après la nouvelle éponyme de Don Winslow. Direction photo : Erik Alexander Wilson. Montage : Julian Hartr, Jacob Secher Schulsinger. Musique : Blanck Mass.
Genre(s)
Suspense
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 2 h 20 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Crime 101

Bart Layton
Dist.
Immina Films
Contact & Prod.
[ Amazon MGM Studios ]
Diffusion
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Crime 101 n’est pas un échec cuisant. C’est un film appliqué, élégant par moments, ambitieux dans ses intentions. Mais face aux monuments qu’il convoque implicitement, il fait pâle figure. À force de vouloir jouer dans la cour des grands, Layton signe un thriller qui admire ses modèles plus qu’il ne les égale — un exercice de style respectable, mais étonnamment tiède.