Diane Keaton
| 1946-2025 |

un Hommage
d’Élie Castiel

Annie s’en

est partie

 

Elle restera le symbole de Annie Hall, indubitablement le film le plus connu de Woody Allen, maître-chanteur d’une nouvelle séduction, avec tous les incidents de parcours qui se sont succédé où DK n’était, heureusement, pas impliquée, pourvoyeur du monde cinématographique féminin qui renvoit à un certain Bergman, Ingmar pour les intimes, tout en demeurant original dans sa douce folie, notamment dans ce qu’on appelait, à l’époque, la Jewish Touch new-yorkaise. Parfois même, toujours dans Annie Hall, faisant appel à F. Truffaut, le seul avec ce nom dans le monde du cinéma.

Keaton, elle, suit ce Pygmalion auto-proclamé, qu’elle adoptera amoureusement pendant un certain temps ; plus par comportement en commun que par désir charnel, bien que !

Annie Hall.
Et si Truffaut m’était conté ?

Une certaine cinéphilie occidentale suit ce couple, d’une part parce que séduit du coup par un cinéma à la sauce-Allen qui se déploie à une vitesse fulgurante, de l’autre obnubilée par ce nouveau personnage emblématique féminin, mélange de hippie moderne, celle-ci urbanisée de la classe moyenne américaine, dominante dans les grands villes des États-Unis d’Amérique, aux penchants humanistes. Une mode vestimentaire s’accélère pour ces femmes, donnant au décontracté une éternelle jeunesse ; dans le comportement aussi, une féminité décomplexée, débarrassée des attributs des générations d’après-guerre et qui annonce, peut-être à son insu, un « nouveau féminisme », comme les nouveaux de n’importe quelle manifestation sociale ou politique. Mais quand même, toujours femme.

Looking for Mr. Goodbar.
Et si c’était la meilleure interprétation de Keaton ?

On ne fera pas la liste habituelle des films qu’on trouve dans les hommages pré-arrangés advenant le décès d’une célébrité. D’accord, pour l’exemple : The Godfather (Le Parrain), et celui qu’on a tendance à oublier, Looking for Mr. Goodbar (À la recherche de M. Goodbar), pour son exposé (prononcez à l’anglaise) et sa magnifique musique version « long jeu » (33 tours).

Annie Hall ou les countours
d’un nouveau comportement.

Diane Keaton est de ces étoiles du cinéma qu’on ne croit jamais éteinte, du moins dans l’esprit d’une certaine conscience collective. Dans le même temps, symbole féminin d’une époque qui n’est plus, un rapport homme-femme qui établit de nouvelles règles de conduite dans des classes sociales bien définies, notamment dans l’Amérique progressiste, fidèle aux idéaux démocrates. Que s’est-il passé depuis !?

Entre Diane Keaton et le cinéma, un va-et-vient incessant entre le très bon, le bon et le moins bon, entre la possession d’un personnage qui persiste et signe et la volonté de poursuivre sans cesse. Une notoriété que partage ce Modigliani-XXe siècle inespéré des images en mouvement et sa muse emblématique d’un nouveau genre, certaine d’elle-même, embrassant le rêve américain de la réussite dans la ville du cinéma, quel que soit le temps que ça dure.

J’ai été vraiment attristé par le départ définitif d’une étoile qui a compté.