Dis-moi qui tu es,
je te dirai ce que tu dis
@ La Licorne
CRITIQUE
[ Scène ]
texte : Élie Castiel
★★★★
Esprit
d’équipe
Jamais estime de soi ne fut aussi bouleversante que dans cet échange, concluant la pièce, entre une mère et son fils; plutôt une sorte de mise en abyme théâtrale entre l’auteur et la metteure en scène. Des mots de Simon Boudreault qu’il dit lui-même, dans un timbre de voix bas, confidentiel, mais dans le même temps conscient d’un auditoire devant lui ; mais dans le même temps destiné à tous ces auteur(es) voulant qu’on reconnaisse une fois pour toutes leur talent. Le même pourrait s’appliquer à d’autres fonctions culturelles, comme celui de critique (oui, bien sûr, j’assume, je cite cette activité particulière, exprès).
Peu importe ce que raconte chaque sketch dans cette pièce en pièces détachées, mais racontant le défi d’une société actuelle totalement perdue dans ses avanies, ses prouesses, ses rapports inquiétants, ses demi-mesures, ses crisses de bon sens ou le contraire, et un amour particulier du parler québécois qu’on savoure ici dans une plénitude consommée.
La salle est respectueuse puisque pas si habituée à certains propos. Le critique est ébahi par cette liberté totale de ton, une mise en scène qui explore les recoins de l’espace et des situations, un jeu phénoménal de toutes les comédiennes et comédiens – même si Gaïa Cherrat Nagheshi dépasse l’art d’interprétation, sans pour cela porter atteinte aux autres. D’ailleurs, il en semblent conscients. Je reconnais en elle la partie marocaine de ses origines, puisque… Non, sincèrement, ce n’est pas du plug.

On sait à quoi s’attendre.
Crédit : Patrick Lamarche
Qu’il s’agisse d’une expérience canine humainement fantasmée, un homme qui aime raconter son vécu sans être conscient qu’il ne sait pas comment s’y prendre, ou encore un tannant qui pose des questions plates à une autrice (sic) connue, tout ce beau monde constitue le miroir de nos affinités estropiées que Boudreault se donne un plaisir d’illustrer par le biais d’une écriture qui rejoint allègrement le commun des mortels.
Peu importe ce que raconte chaque sketch dans cette pièce en pièces détachées, mais racontant le défi d’une société actuelle totalement perdue dans ses avanies, ses prouesses, ses rapports inquiétants, ses demi-mesures, ses crisses de bon sens ou le contraire, et un amour particulier du parler québécois qu’on savoure ici dans une plénitude consommée.
Mais une des questions fondamentales que pose Dis-moi qui tu es, je te dirais ce que tu dis est bel et bien si, après tout, nous avons encore cette aptitude d’écouter les autres ou si, au contraire, on s’écoute seulement parler.
Quand divertissement et réflexion sont au menu, on en sort vraiment gagnant.
FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Texte
Simon Boudreault
Mise en scène
Lorraine Côté
Assistance
Thomas Royer
Interprètes
Marie-Josée Bastien, Charles-Étienne Beaulne
Simon Boudreault, Lorraine Côté
Gaïa Cherrat Nagheshi, Hughes Frenette
Costumes : Julie Lévesque
Éclairages : Jérôme Huot
Musique : Stéphane Caron
Durée
1 h 55 min
[ Sans entracte ]
Public
Déconseillé aux jeunes enfants
Diffusion & Billets @
La Licorne
(Grande Salle)
Jusqu’au 27 avril 2025
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]