Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 18 juillet 2025
Une enfant de sept ans vit dans une ferme au moment de la fin de la Rhodésie.
CRITIQUE
Luc Chaput
★★★
L’impertinence du regard enfantin
La caméra portée près du plancher filme la nuit l’intérieur calme d’une maison ouverte aux quatre vents. Une petite fille se réveille en sursaut et, prenant un bougeoir, se rend à la salle de bains.
Une ferme près de la frontière orientale de la Rhodésie avec le Mozambique est le centre de la chronique vécue jeune par Alexandra Fuller et qui est la base de ses mémoires portant ce long et biscornu titre éponyme. La famille a d’ailleurs plusieurs chiens et elle élève du bétail. Bobo, surnom d’Alexandra, peut presque faire tous les quatre cents coups sur sa motocyclette de brousse. C’est par ce biais que la réalisatrice nous introduit dans ce monde dans lequel persiste une forme d’apartheid.

Une famille presque comme les autres.
Embeth Davidtz, en adaptant les mémoires de Fuller, établit les désirs contradictoires des quatre membres de la famille. Tim le père est plus concerné par les opérations militaires auxquelles il participe, Vanessa l’adolescente par la découverte de nouvelles émotions, Bobo par l’autonomie qu’on lui accorde et par sa relation privilégiée avec la bonne qui l’abreuve de contes et qui s’occupe plus d’elle que sa mère. Davidtz s’est réservé le rôle le plus complexe qu’elle défend avec âpreté de Nicola, la mère maniaco-dépressive et alcoolique qui craint de voir la terre dont elle a héritée se dérober sous ses pieds.
L’interprétation remarquable de la jeune actrice Lexi Venter en Bobo qui, par ses questions, ses réflexions, son amitié inconditionnelle avec Sarah, la bonne à laquelle Zikhona Bali confère une noble grandeur, constitue la colonne vertébrale de cette plongée dans un moment d’histoire où le sud de l’Afrique commençait à changer profondément.
La caméra de Willie Nel oppose les couleurs des plantes de cette région agricole aux bruns et ocres de la ferme. La caméra souvent en mouvement rend bien la tension qui existe avant et après les élections. Une visite à la capitale régionale signale par des ralentis les modes de vie bien différents entre la majorité noire parlant et chantant en langue Shona et les blancs vivant dans les quartiers huppés. Des opérations policières contrastent aisément avec les activités ludiques de cette minorité encore sure de ses droits. L’interprétation remarquable de la jeune actrice Lexi Venter en Bobo qui, par ses questions, ses réflexions, son amitié inconditionnelle avec Sarah, la bonne à laquelle Zikhona Bali confère une noble grandeur, constitue la colonne vertébrale de cette plongée dans un moment d’histoire où le sud de l’Afrique commençait à changer profondément.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Embeth Davidtz
Scénario : Embeth Davidtz, d’après l’ouvrage éponyme d’Alexandra Fuller. Direction photo : Willie Nel. Montage : Nicholas Costaras. Musique : Chris Letcher.
Genre(s)
Chronique
Origine(s)
Afrique du Sud
Année : 2024 – Durée : 1 h 39 min
Langue(s)
V.o. : anglais, shona; s.-t.a.
Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight

Embeth Davidtz
Dist. [ Contact ] @
Métropole Films
[ Mongrel Media ]
Diffusion @
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
