Dossier 137

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité. Mais un élément inattendu…

 

Le FILM 
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★★

 

D’emblée, une mise en scène à l’état brut, à la limite de l’improvisation des acteurs, mais eux, elles surtout, plongées dans une sorte de mécanisme qui les place à donner le meilleur d’elles-mêmes. Surtout venant de la part de Léa Drucker, qui a raflé le prix bien mérité de la Meilleure actrice aux récents César.

 

Gardes

à vue

 

Mais, un état non purifié dû aux circonstances. Durant l’affaire des Gilets Jaunes, en France, inculpation de quelques policiers par la Police des Polices, à Paris. Plusieurs gardes à vues, des témoins, un mort, un gravement blessé. Une enquêtrice (Drucker, formidable), d’une froideur incapable, le contraire de ce qu’elle est dans la vie privée, hors de son travail, divorcée, ou quelque chose comme ça, un fils post-adolescent, avec qui elle s’entend parfaitement. Et quelque chose qu’on semble avoir perdu de vue, surtout dans ce milieu, l’humanisme, qu’elle soutiendra lors d’une séquence mémorable avec l’une de ses supérieures.

Dossier 137, déjà le titre évoque son côté costa-gavrasien, mais avec cette propension à rendre ce dont il est question d’une irréprochable neutralité d’ensemble.

Effectivement, cette impartialité, pour certains spectateurs, indifférence ou encore insensibilité est, comme l’illustre Moll (et Drucker) le meilleur moyen de mener à bien la mission. Car il s’agit, en fait, d’une mission des plus périlleuses puisqu’il s’agit de « juger » (est-ce bien le terme ?) ses propres collègues, qui, en passant montrent bien fort leur désagrément lorsqu’ils doivent comparaître. Sauf que, en fin de compte,…

Un film sans intrigues multiples, d’où un scénario s’en allant sur un seul fil conducteur, et orné de dialogues forts, combatifs, d’une force de persuasion exemplaire.

Un détail qui pourrait élucider de quelques pas le déroulement de l’enquête.

Pour rendre ces travers narratifs compatibles avec l’esprit du film, des prestations remarquables, dont nous retiendrons celle de Sandra Colombo (Joëlle Girard, mère d’une des victimes), qu’on a vu dans le rôle de la femme de chambre dans Voyez comme on danse, du regretté Michel Blanc. Sans oublier un autre personnage important, Alicia Mady (magnifiquement versatile Guslagie Malanda) ,femme de chambre à l’Hôtel Prince de Galles, coté 5 étoiles, lieu de toutes les révélations, qui renvoit le dossier vers d’autres perspectives.

Un film qui, indirectement ou pas, parle de racisme, de volonté de dépasser, pour certaines forces de l’ordre les limites de l’engagement.

Et cette fin qui reste gravée dans notre esprit, bien longtemps après la projection : sur fond blanc, d’où son caractère impavide, le jeune homme blessé donne sa version des faits dans une version magnifiquement exprimée malgré les séquelles de sa condition, illustration bien sûr métaphorique de la part d’un cinéaste totalement engagé qui soulève, par le biais du cinéma, un sujet à haute tension.

Mais à travers toute cette tension sociopolitique, Dominik Moll ne donne pas son point de vue ; cette neutralité face à l’objet cinématographique filmé ne retient que ce que l’enquêtrice de l’IGPN (en France, L’inspection générale de la police nationale) rapportera comme conclusions, quitte à ce que les autorités en place voient les choses autrement.

Mais ça, c’est une autre histoire. Un film essentiel par les temps qui courent, alors que les forces, toutes influences confondues, peuvent contrecarrer les frontières de la déontologie.

Et cette fin qui reste gravée dans notre esprit, bien longtemps après la projection : sur fond blanc, d’où son caractère impavide, le jeune homme blessé donne sa version des faits dans une version magnifiquement exprimée malgré les séquelles de sa condition, illustration bien sûr métaphorique de la part d’un cinéaste totalement engagé qui soulève, par le biais du cinéma, un sujet à haute tension.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Dominik Moll

Scénario : Dominik Moll, Gilles Marchand. Direction photo : Patrick Ghiringhelli. Montage : Laurent Rouan. Musique : Olivier Marguerit.

Genre(s)
Chronique policière
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 55 min
Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.
Case 137

Dominik Moll

Dist.
A-Z Films
Contact/Prod.
[ Haut et Court ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Parc ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]