Dracula
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 31 octobre 2025
Un acteur incarnant Dracula dans un restaurant de Transylvanie s’enfuit de la représentation, poursuivi par les clients et les propriétaires désireux de tuer le « vampire ». Mais aussi…
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★
Le dernier chapitre de ce long film, trop long même, d’une émotion palpable, rompt avec les précédents, tant par son humanisme que par le discours social d’un réalisateur engagé. Mais c’est, dommage, la fin du film.
Quant aux autres parties de ce récit fragmenté en morceaux divers, allant du sexe opportuniste aux idées politiques vitement expédiées, ne représentent qu’un pot-pourri de tout et de rien qui ne mène nulle part.
L’IA ne connaît rien au
Prince des ténèbres
Et si l’un des plus iconoclastes des cinéastes roumains de sa génération s’était, cette fois-ci, trompé ? C’est du moins ce que l’on peut se permettre de supposer en se concentrant sur le personnage alter-ego du cinéaste, en plus jeune, fort sympathique, qui demande à l’IA de lui inventer un scénario-mise en scène sur l’un des mythes le plus traité au cinéma, Dracula, figure légendaire de la littérature fantastique.
Une erreur sans doute de l’IA, qui mêle n’importe comment sexe, pornographie, un petit bout de romance – en fait, cette petite histoire romantique entre un chauffeur de camion et une jeune femme du coin aurait pu produire une émouvante histoire d’amour, une étincelle de bonheur, mais s’achève de façon impromptue, comme si le scénariste-réalisateur s’était arrêté de penser.

Tenter de convaincre les nouvelles générations du bien-fondé du plasma.
Nous sommes face à des séquences, bonne idées de les faire courtes, d’un vulgarité insoupçonnable et réellement gratuites, risquant le qu’en-dira-t’on de circonstance, situations grossières, mots de quatre lettres (four letter words) et autres impuretés (dit cyniquement).
Radu Jude revendique son droit à tenter les divers genres jusqu’à risquer de se casser la gueule. Ne l’avait-il pas fait avec talent et savoir-faire dans son précédent N’attendez pas trop de la fin du monde / Nu astepta prea mult de la sfârsitul lumi) ?
L’IA, l’image traditionnelle, le dessin graphique et des moyens, aujourd’hui ancestraux, comme le 8 ou le 16 mm, se mêlent à cet anti-récit subversif aussi bien « mise en abyme » que provocateur, mettant ultimement notre patience à rude épreuve.
Mais on sent, malgré toutes ces failles, une remise en question, non seulement de son propre cinéma, mais au fond, de cinéma tout court. Une profession de foi pour qui veut le prendre au sérieux, mais qui à ses yeux, se disperse dans toutes les directions par les temps qui courent. C’est ce qui explique ce côté fourre-tout intempestive, qui ne fait que nous désillusionner.
C’est absurde, bizarroïde, insurgé, mal-élevé. Ça regorge de citations imagées à d’autres cinéastes – impossible des les suivre puisque ces images filent à une vitesse délurée.
L’IA, l’image traditionnelle, le dessin graphique et des moyens, aujourd’hui ancestraux, comme le 8 ou le 16 mm, se mêlent à cet anti-récit subversif aussi bien « mise en abyme » que provocateur, mettant ultimement notre patience à rude épreuve.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Radu Jude
Scénario : Radu Jude. Direction photo : Marius Panduru. Montage : Catalin Cristutiu. Musique : Hervé Birolini, Wolfgang Frisch, Matei Teodorescu.
Genre(s)
Comédie satirique
Origine(s)
Roumanie / Luxembourg
Brésil / Autriche
Année : 2025 – Durée : 2 h 50 min
Langue(s)
V.o. : multilingue; s.-t.f. & s.-t.a.
Drácula

Radu Jude
Dist.
Enchanté Films
Contact
[ FilmsWeLike ]
Diffusion
Cinémathèque québécoise
Classement
Interdit aux moins de 16 ans
[ Érotisme / Langage vulgaire ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
