Fanon
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 6 février 2026
Portrait de l’intellectuel antillo-algérien.
ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput
★★★
Une femme âgée arrive à la grille d’un hôpital psychiatrique et demande à un préposé et à son patron des nouvelles de son fils Ahmed.
Des mots
pour le dire
La scène se passe à Blida durant la guerre d’Algérie et le patron est Franz Fanon, sujet de ce long métrage biographique qui se concentre sur ce séjour comme responsable médical dans l’établissement. Le scénario du cinéaste et de Philippe Bernard établit tout d’abord le racisme ordinaire dont il est l’objet puisqu’être un noir médecin et époux d’une femme blanche paraît impossible à plusieurs. Les conditions déplorables dans lesquelles les patients algériens peuvent être internés sont aussi décrites rapidement.

Une approche politique de la santé mentale.
Le changement d’approche dans le traitement crée des tensions à l’intérieur de l’équipe mais surtout face au directeur général du dispensaire qu’Olivier Gourmet anime d’une bonhomie condescendante. Les remous de plus en plus présents des combats et des opérations de police de l’armée française trouvent écho chez cet auteur de Peau noire, masques blancs. L’ascendant intellectuel de ce psychiatre et ses qualités humaines bien rendues par Alexandre Bouyer et Déborah François en Josie, son épouse, ressortent tout au long des épisodes du récit, baigné de teintes hagiographiques qui s’assurent de placer tous les référents extérieurs nécessaires dans son déroulé.
La séquence initiale reprise en fin de parcours avec son pouvoir direct d’évocation du pays natal rajoute une valeur métaphorique à ce portrait un peu trop lisse d’un écrivain et activiste tiers-mondiste majeur décédé trop jeune.
C’est dans sa représentation de la clandestinité du mouvement indépendantiste algérien et de son personnage historique d’Abane Ramdane et dans la trajectoire du sergent Rolland infiltré comme patient au centre d’une enquête que la mise en scène du réalisateur connaît ses meilleurs moments. La séquence initiale reprise en fin de parcours avec son pouvoir direct d’évocation du pays natal rajoute une valeur métaphorique à ce portrait un peu trop lisse d’un écrivain et activiste tiers-mondiste majeur décédé trop jeune.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jean-Claude Barny
Scénario : Jean-Claude Barny, Philippe Bernard. Direction photo : Ariel Methot-Bellemare. Montage : Maxime Lahaie. Musique : Thibault Agyeman, Ludovic Louis.
Genre(s)
Chronique biographique
Origine(s)
France / Luxembourg
Canada [Québec]
Année : 2024 – Durée : 2 h 13 min
Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.
Fanon

Jean-Claude Barny
Dist.
Axia Films
Contact & Prod.
[ Special Touch Studios ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Musée ]
Cinémathèque québécoise
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
