Juste Xavier

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 12 décembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Xavier, un avocat trans, revoit sa famille à Noël pour la première fois depuis sa transition. Mais tout ne se passe pas nécessairement comme prévu.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★

Le physique

de l’emploi

On aurait voulu aimé Juste Xavier ; pour son sujet, dont on n’a jamais autant parlé en 2025, le plus souvent en des termes peu élogieux, mais soudain par ces groupes de personnes progressistes conscients que la société change, portant comme réponses des arguments inclusifs, notamment venant de la communauté LGBTQ+. Mais voici que cette fois-ci, l’auteur de Pédalo (voir ici), à l’accueil mitigé, s’en prend à un sujet plus conséquent, risqué par tous les questionnements qu’il impose à la société – pour un individu, remettre en question son propre genre – matière casse-gueule qui n’a cessé depuis longtemps de diviser les esprits.

On dit que c’est par le biais de la comédie que les attitudes peuvent changer, que les comportements les plus inavouables prennent des chemins plus lumineux. Autrement dit, qu’on peut laisser chacun choisir là où il ou elle se sent le mieux en prenant les chemins de la bonne humeur et pourquoi pas, du rire.

Théâtre-film de boulevard, personnages, on doit l’avouer stéréotypés, tel qu’on les retrouve dans Juste Xavier. Même les gros gagnants comme Rémi Girard et France Castel passent vaillamment à travers une première partie où les gags fusent de partout mais sont plutôt mal gérés. Comme si du coup, conscient de l’aventure où il s’est glissé, Stéphane E. Roy ne savait plus comment continuer son chemin.

Après tout, quelles que soient nos idées, ne soyons pas « casseux de party »

Et puis, soudain, sans qu’on s’y attende, une deuxième partie aboutie, ce soir de veille de Noël où le huis clos établit sa supériorité, petit à petit, tous les personnages se retrouvent et comme une sorte de solidarité d’ensemble s’établit entre eux, chacun montrant (presque) sa véritable identité et tous et toutes emballé(es) à l’idée de faire de cette comédie quelque chose d’irrésistible.

Tiens, tiens, du coup, un personnage de Juif (Ariel Ifergan, qu’on voit un peu plus souvent récemment) et de Musulman (Ismail Zourhlal) – Pourquoi ces deux personnages ? Du jamais vu dans le cinéma québécois, ou si rarement, qu’on ne peut pas s’en rappeler. Étrange que par les temps qui courent, ne serait-ce que pendant quelques courtes minutes, ces deux protagonistes, n’auraient-ils pas pu aborder le conflit au Moyen-Orient (inutile de vous rappeler lequel) ? J’oublie qu’il s’agit d’une veille de Noël et qu’il ne faut pas gâcher la soirée, déjà légèrement perturbée par des petites complications.

Somme toute, Juste Xavier réitère avec une certaine félicité l’idée gagnante selon laquelle le bonheur n’existe qu’à être soi-même. Mais comme on dit souvent, « tout ça, c’est du cinéma ! ».

Sur un autre ordre d’idée, soulignons que Alexis Comte campe parfaitement bien le gars qu’il est dans le film. Physicalité de l’emploi, sentiments sincères, volonté de se soumettre à une proposition qu’il considère comme essentielle. Et un sacré bon comédien.

Somme toute, Juste Xavier réitère avec une certaine félicité l’idée gagnante selon laquelle le bonheur n’existe qu’à être soi-même. Mais comme on dit souvent, « tout ça, c’est du cinéma ! ».

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Stéphane E. Roy

Scénario : Stéphane E. Roy, Christiane Viens; avec la collaboration d’Alexis Comte. Direction photo : Stéphanie Anne Weber Biron. Montage : Alain Baril. Musique : Liam Desrosiers.

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 1 h 39 min
Langue(s)
V.o. : français
Juste Xavier

Stéphane E. Roy
Crédit : Joe Alvoeiro

Dist.
K-Films Amérique
Contact / Prod.
[ Cinéma e Point ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]