Kokuho

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 20 février 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Nagasaki, 1964. À la mort de son père, chef d’un gang de yakuzas, Kokuho, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel.

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★★

 

Un film volontairement à l’ancienne de la part du nippon Lee Sang-il, probablement son meilleur film, non seulement en raison du thème abordé, le célèbre Kabuki, cette forme d’opéra japonais où les rôles féminins sont interprétés par des hommes.

Kokuho, c’est le prénom du personnage principal même si les autres intervenants autour de lui ne s’effacent pas derrière ce que le principal intéréssé traverse dans la vie.

Un autre « rôle » important est celui de la part réservé au Kabuki ; le film illustre de nombreuses parties d’opéras célèbres au pays du Soleil Levant. Les spectateurs, et surtout spectatrices, qui remplissent la salle du principal théâtre de la ville où a lieu l’action deviennent des fans des artistes impliqués et les suivent tout au long de leur carrière.

 

La bonne

éducation

 

Lee Sang-il ne tarde pas à justifier ses nombreuses séquences chantées et où le geste n’est pas seulement rudimentaire, mais une forme d’expression quasi chorégraphique en soi.

Kokuho est un film sur cette forme d’art, avec ses codes rigides, son entraînement rigoureux envers les nouvelles recrues, parfois même poussé jusqu’à l’extrême ; parfois poussant les intéressés, qui en principe, sont des jeunes de famille noble qui comptent certains de ses artistes depuis des générations, jusqu’à l’abandon. C’est donc une sorte de hiérarchie familiale qui poussent les jeunes avec du talent à s’impliquer. Des familles bien connues, issues de la haute bourgeoisie.

Une rivalité, deux styles qui se confrontent dans un corps à corps stupéfiant.

Et lorsqu’un jeune homme hors-cadre, au talent prometteur, arrive à joindre les rangs de cette institution strictement réservée à une élite, les bouleversements s’imposent d’eux-mêmes.

La caméra totalement conquise du Franco-tunisien Sofian El Fani (de La vie d’Adèle, le film de son patriote Abdellatif Kechiche) filme les corps ou plutôt les gestes chorégraphiques et les plans de visage avec une rare intensité qui laisse des traces sur notre perception du plan et du cadre.

Car c’est aussi de cela que Kokuho parle. Du rôle du plan, de sa morale, son éthique qu’il projette tout au long du film, son contenu, ses divagations, ses multiples retranchements pour éviter certaines situations.

Et soudain, au hasard d’une séquence de kabuki, celle-ci quand même prenant son temps, nous laisse oublier un peu la fiction, ébahis par la force qu’elle produit dans notre conscient.

Vers la fin, alors que la dernière période dont il est question, 2014, le film commençant en 1964, en plein âge d’or du boom économique au Japon, renfermant ainsi cinq longues décennies, le propos prend alors cette part du récit biographique qui impressionne autant qu’il bouleverse par la grâce qu’il dégage.

Et il y aussi une mise en scène qui se garde d’avoir trop d’effets de style. En appuyant sa fiction d’une mise en situation aussi simple que possible, Lee Sang-il ne craint pas le mélodrame ; il s’en approche parfois, laissant nos sens décider.

Vers la fin, alors que la dernière période dont il est question, 2014, le film commençant en 1964, en plein âge d’or du boom économique au Japon, renfermant ainsi cinq longues décennies, le propos prend alors cette part du récit biographique qui impressionne autant qu’il bouleverse par la grâce qu’il dégage.

Néanmoins, pour Kokuho, hors du cadre bourgeois, le tribut à payer pour réaliser son rêve devient la force motrice du film, une sorte de rançon pour toute une vie ; et les à-côtés qui en découlent ne sont guère de simples afféteries négligeables.

Kokuho est un grand film, un délice pour les yeux, un véritable apaisement pour l’âme.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Lee Sang-il

Scénario : Satoko Okudera; d’après le roman éponyme de Shûichi Yoshida. Direction photo : Sofian El Fani. Montage : Tsuyoshi Imai. Musique : Marihiko Hara.

Genre(s)
Drame de mœurs
Origine(s)
Japon
Année : 2025 – Durée : 2 h 54 min
Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.a.
Kohukō

Lee Saing-il

Dist.
Cineplex Pictures
Contact & Prod.
[ Toho ]

Diffusion ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]