La Grazia
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 12 décembre 2025
Mariano De Santis, Président de la République italienne, est un homme marqué par le deuil de sa femme et la solitude du pouvoir. Alors que son mandat touche à sa fin, il doit faire face à des décisions cruciales qui l’obligent à affronter ses propres dilemmes moraux.
Le Film
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★
Le titre du film, avec ses nombreuses interprétations, l’une d’elles ne reflète-t-elle pas la beauté, la splendeur, l’élégance, et dans le cas présent, l’élévation à travers laquelle le personnage principal, pourtant en quête de questionnements de soi, parvient à transmettre à ceux et celles qui l’entoure, incluant sa propre fille.
Le personnage est Mariano de Santis, président de la République italienne, à un temps présent, non indiqué, et dont l’intemporalité issu de l’esprit créateur de Paolo Sorrentino, crée une sorte de pérennité accordé à ce poste immuable dans toute société.
Au nom
du
peuple italien
Et puis, du coup, il chuchote qu’il quittera la vie publique après avoir signer une loi qui légaliserait l’euthanasie et, bien entendu, comme chaque année, décider de la grâce de deux condamnés.
Entre temps, une réflexion sur le temps qui passe, sur la mélancolie d’un avant disparu, de la douleur d’avoir perdu une compagne/épouse bien-aimée, de réfléchir sur l’engagement politique que devront suivre les nouvelles générations, sur la vie, autrement dit.
Car comme dans tous ses films, à l’instar d’un certain Fellini, Visconti, Pasolini, Scola, Antonioni et autres grands maîtres du cinéma transalpin, Sorrentino a toujours construit son propre cinéma, s’évertuant à inventer des moyens de production (production values) propres sa idées personnelles de la vie, de l’art et du cinéma. Des univers particuliers où l’on sent, au départ, son univers, comme dans les films des cinéastes ci-haut mentionnés.

Être à la tête d’une nation, c’est comme si tout autour de soi était quelque chose de flou.
Toni Servillo, muse-au-masculine ou si vous préférez comédien fétiche du cinéaste participe étrangement dans cette proposition quasi crépusculaire de Sorrentino. La Grazia, malgré la finesse et le lustre qu’elle procure, est dans le même temps un film triste, d’une mélancolie que Servillo, peut-être alter-ego de Sorrentino traverse avec un détachement, certes, cynique pour certains, mais par la même occasion, susceptible de souffrir une douleur existentielle qu’on ne peut comprendre qu’en le connaissant de près – comme c’est le cas de sa fille, quoique…
De nombreux reproches ont été faits à son cinéma. Et c’est peut-être ce sentiment, même provisoire, de défaite, que traverse le réalisateur italien, mettant bien entendu toutes ses idées de grandeur de côté. Peut-être n’at-il-pas compris la simplicité avec laquelle la grande partie des nouveaux cinéastes, y compris parmi ses compatriotes, envisagent les images en mouvement. La Grazia, dans ce sens, à mon humble avis, est aussi la réalisation d’une défaite, de cet état d’esprit qui, pris au sérieux, conduit à une sorte de renoncement.
Des liens familiaux parfois irréconciliables
Même au service du peuple, le privé ne peut être ignoré. Et justement, la séquence finale, d’une richesse d’émotion et de sens moral indiscutables, confère au film sa véritable « grâce ».
Et ses discussions avec le Pape – ici, campé majestueusement par l’acteur ivoirien Rufin Doh Zeyenouin qui lui explique quelques règles de vie avec toute la sagesse venue du continent africain, d’où il est issu. Un des moments les plus solennels du film, tant par la simplicité des propos que par l’échange immaculé entre les deux personnages. Sans oublier son interprétation politique à laquelle Sorrentino n’ajoute rien d’autre.
Même au service du peuple, le privé ne peut être ignoré. Et justement, la séquence finale, d’une richesse d’émotion et de sens moral indiscutables, confère au film sa véritable « grâce ».
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Paolo Sorrentino
Scénario : Paolo Sorrentino. Direction photo : Daria D’Antonio. Montage : Cristiano Travaglioli. Musique : Nick Donnelly.
Genre(s)
Drame
Origine(s)
Italie
Année : 2025 – Durée : 2 h 13 min
Langue(s)
V.o. : italien; s.-t.a. & s.-t.f.
La grâce
Grace

Paolo Sorrentino
Dist.
Film Service Supérieur
Contact / Prod.
[ MUBI ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien & du Musée ]
Cinémathèque québécoise
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

