La Pampa

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 1er août 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Willy et Jojo, deux ados inséparables, passent leur temps à chasser l’ennui dans un petit village au cœur de la France. Ils se sont fait une promesse : ils partiront bientôt pour la ville. Mais Jojo cache un secret.

Le Film
de la semaine

CRITIQUE 
Élie Castiel

★★★★

Ruralité

non

partagée

 

Pour Antoine Chevrollier, habitué à la télésérie (Baron noir, sur TV5 au Québec, est transmis régulièrement) un premier long de fiction pour le grand écran. Et c’est d’autant plus courageux que, compte tenu des reculs en matière de droits LGBTQ en Occident dû à un populisme de plus en plus triomphant, la proposition repose sur les codes bien distincts de la fiction tout en jetant un regard à la fois authentique et par moments oppressant de la situation. Entre hommes, cette fois-ci, car dans ce cas, les répercussions sont plus alarmantes. C’est comme ça, et rien, du moins pour le moment, ne changera la donne, un jeu de pouvoir et de virilité toxique qui ne tient pas à rendre les armes.

Drame doux-amer, mi-figue-mi-raisin, entretenant à premier abord, un récit plutôt banal – la préparation d’une course de moto dont l’entraînement des participants à lieu à La Pampa, le lieu de cette épreuve sportive.

Jusqu’ici tout va bien jusqu’au jour où… vous aurez tout compris, je suppose. Et comme les cellulaires sont partout, même en région, et que les jeunes savent parfaitement les manipuler, usant de réseaux sociaux, tout devient possible. Jusqu’à ce qu’éclate le drame dans ce petit patelin non seulement suffocant, mais sexiste, machiste, homophobe (une évidence). Mais dans le cas de Willy (tenu admirablement par un Sayyid El Alami, né en France de parents marocains, tout en distanciation qu’en connaissance de cause) les chemins à suivre prennent une tournure inattendue.

Justement, le drame (non, pas de spoilers dans notre cas – on pourrait employer le verbe « divulgâcher », mais bon). L’ordre et la sécurité de cet endroit un peu perdu sont perturbés. C’est l’occasion pour Antoine Chevrollier de ne pas tomber dans la simplicité.

Après l’extase, le déni.

On divulguera qu’il s’agit d’homosexualité et que dans ces petits endroits n’importe où dans le monde, elle n’est pas vraiment acceptée. Si les grandes villes s’y résignent à ce mode de vie, c’est pour se donner, en principe, une image de tolérance, d’urbanité moderne et progressive, ouverte sur la diversité élargie à tous points de vue.

Certains critiques chroniqueurs pourraient être lassés qu’on parle souvent de ce thème. Faux! car il ne constitue qu’une infime partie de la production mondiale en matière de film qui sortent chaque année.

Comme on dit dans le jargon, La Pampa est un « récit d’apprentissage » et que la plupart n’aurait voulu être que ça. Mais sans le secret qu’un des protagonistes cache, le film serait perdu dans sa plus totale banalité.

[ … ] petit patelin non seulement suffocant, mais sexiste, machiste, homophobe (une évidence). Mais dans le cas de Willy (tenu admirablement par un Sayyid El Alami, né en France de parents marocains, tout en distanciation qu’en connaissance de cause) les chemins à suivre prennent une tournure inattendue.

Chevrollier persiste et signe un portrait de jeunes d’aujourd’hui pris entre l’engrenage d’un conservatisme désuet et même dangereux et une modernité (fausse peut-être) que les grands centres urbains proposent dans presque la clandestinité.

Il y a Damien Bonnard, comme toujours présent, défendant son rôle avec une assiduité exemplaire, Amaury Faucher, qu’un certain Luchino Visconti aurait aimé casté dans un de ces films et, surprise, la présence de l’humoriste Artus (de son vrai nom, Victor-Artus Solaro, célèbre dans l’Hexagone qui livre ici une performance digne de mention. Artus dépasse les lois de la pesanteur dans le jeu d’interprétation et comme par un tour de prestidigitation du scénario, s’en tire avec n’importe quoi – en anglais, c’est beaucoup plus précis : gets away with murder.

En attendant, Chevrollier sait tout pardonner à ses personnages. Quel que soit le chemin qu’ils ont entrepris dans la vie.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Antoine Chevrollier

Scénario : Antoine Chevrollier, Bérénice Bocquillon, Faïza Guène. Direction photo : Benjamin Roux. Montage : Lilian Corbeille. Musique : Evgueni Galperine, Sacha Galperine.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
France
Année : 2024 – Durée : 1 h 43 min
Langue(s)
V.o. : français
La Pampa

Antoine Chevrollier

Distribution
[ Contact @ ]

Axia Films
[ Agat Films ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]