Le meilleur ami de l’homme

TRIBUNE
LIBRE
Montréal, le 3 mars 2026

Sylvio Le Blanc

J’étais tenté de proposer à la famille d’aller voir le film d’animation canadien Space Cadet (Space Cadet : L’odyssée de Céleste[1][1]), mais des extraits du synopsis m’ont refroidi.

Le robot prénommé Robot élève seul la petite Céleste dans le but d’en faire une astronaute[2][2]. Pour le réalisateur, il serait donc acceptable qu’une machine élève seule des enfants de chair et de sang. Une fois Céleste dans l’espace, Robot, laissé seul sur Terre, est rongé par la solitude[3][3]. Une machine rongée par la solitude, comme si elle avait une âme, vraiment ?

Après réflexion, et en nous fiant à la cote de Mediafilm[4][4] (3, très bon), nous sommes tout de même allés voir ce film sur grand écran.

La fillette et le robot ne se parlent pas ; ils communiquent par écrit. Comme si la faculté de parler (propre à l’humain) avait disparu dans le monde rétrofuturiste du dessinateur (ce qui devrait plaire aux ados ne communiquant que par textos). Céleste va dans l’espace, mais – comprenne qui pourra –, elle part seule dans son vaisseau (l’espace serait-il son Safe Space, son espace sûr[5][5] ?). Comme si on pouvait se passer des autres dans la vie.

(Une image a retenu mon attention : une pierre devant l’école d’aéronautique porte gravés des noms d’astronautes, mais aucun ne serait trouvable dans nos annuaires téléphoniques. Il n’y a personne d’origine britannique ou française dans ce monde imaginé par Kid Koala (de son vrai nom Eric San[6][6]). Le réalisateur canadien anglais a fait table rase du passé. Un message inspirant pour les nouveaux arrivants.)

À l’heure où l’IA suscite des inquiétudes croissantes, ce n’est pas le moment de faire frotti-frotta avec les robots. Rappelons que des « robots conversationnels » ont donné des conseils de suicide et d’attentat suicide à des usagers. À Tumbler Ridge, la jeune femme de 18 ans aurait-elle passé à l’acte sans ChatGPT ?[7][7]

Oui à la licence artistique, mais CBC Films, Radio-Canada, la SODEC et Téléfilm Canada, qui ont subventionné ce film d’animation[8][8], ont le devoir de sélectionner des scénarios pour enfants qui contribuent à leur sain développement dans notre société imparfaite.

Rappelons que la Suède a interdit E. T., l’extra-terrestre aux jeunes enfants. J’invite la nouvelle Régie du cinéma à s’intéresser au dossier.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] https://mediafilm.ca/films/2024/space-cadet-koala

https://www.youtube.com/watch?v=JynwbK_fBGY&t=44s

Titre différent au MCC : https://repertoire.cinema.mcc.gouv.qc.ca/film/space-cadet-un-film-de-kid-koala-446976/

[2] https://www.outsidersfilms.com/space-cadet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Space_Cadet_(film,_2025)

https://www.filmsquebec.com/films/space-cadet-kid-koala/

https://www.ledevoir.com/les-as-de-l-info/959778/kid-koala-repond-questions

[3] https://www.outsidersfilms.com/space-cadet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Space_Cadet_(film,_2025)

[4] https://mediafilm.ca/films/2024/space-cadet-koala

[5] https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26556615/espace-sur

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Kid_Koala

[7] https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/960036/bombes-conversationnelles-retardement

[8] https://www.outsidersfilms.com/space-cadet