Le Point |.| 05
du Ven 30 jan au Jeu 05 fév 2026
État
des
lieux
Cette semaine, encore un nouveau film sur la Palestine, non pas sur le conflit Israël-Hamas qui ne semble pas avancer vers une résolution finale mettant fin à cet antagonisme qui se perd dans la nuit des temps, c’est bien le cas de le rappeler, mais un film sur la Nakba, autrement dit la Catastrophe.
Nous en faisant une critique (que je signe), mais intentionnellement sous le sceau d’une certaine neutralité. Même si mon idéologie repose sur une paix durable et la création d’un état palestinien non-belligérant, force est de souligner que dans la mémoire populaire, il n’existe qu’un seul regard sur la question. La voix du peuple s’exprime sous le choc de l’émotion (ce qui jusqu’à un certain point, est quelque chose de tout à fait normal – images des journaux et surtout des réseaux de nouvelles à l’appui – sans compter les multiples manifestations que cela a provoqué – mais qui ne donne pas toujours les résultats escomptés et provoquent des heurts racistes.
Le film de Cherien Dabis est sincèrement émouvant, même si d’un point de vue historique, il est permis de penser que certains détails pourraient s’avérer questionnables. Mais est-on vraiment en mesure de le penser si on n’a pas vécu cette époque ? Si le film aborde 1948, c’est bien avant cela que l’Histoire contemporaine de cette région du monde commence aux aurores du XXe siècle et que les historiens racontent souvent comme bon leur semble.
D’autres films sur la question sont à prévoir. En attendant, le nouveau brûlot de l’Israélien Nadav Lapid, Ken (Oui / Yes) qui a soulevé les passions, devrait, en principe, sortir à Montréal sous peu ; et dans lequel le cinéaste controversé, une sorte de nouveau Amos Gitaï, pose un regard tranchant et à juste titre indiscipliné sur la politique de son pays.
Élie Castiel
Rédacteur en chef
