Le Point |.| 09
du Ven 27 fév au Jeu 05 mars 2026

Malgré tout, certaines séances

affichent (presque) complet

 

Presque deux mois écoulés depuis le début de la saison cinématographique 2026 et, tenant comptes des sorties en salle, l’animation domine, particulièrement la japonaise, faisant souvent des salles combles en fin de semaine. Il est certain que les exploitants et les distributeurs ont trouvé comme par magie leur « vache à lait », s’assurant d’un certain revenu, alors que les produits locaux (qui inclut le cinéma de nos voisins du Sud) se retrouvent rapidement en streaming.

Le temps de l’adage « c’est mieux sur grand écran » ne concerne-t-il pas ceux d’une autre génération qui a également connu le cinéma d’auteur, public plus restreint de nos jours.

Les spectateurs trippent sur les films d’épouvante. Est-ce nécessaire de vous rappeler que ceux-ci constituent des petites valeurs sures pour les sorties en salle. Le public ? Une génération élevée aux bons soins de l’annuel Fantasia ; ce qui inclut définitivement les films chinois, films souvent nationalistes, de combat d’époque ou d’amourettes sentimentales. Mais des productions encore tenues comme « ethniques » par la principale chaîne de cinéma montréalaise.

Très souvent, public de masse à l’appui, ces films affichent « complet » aux séances phare, où quelques rares non-ethniques se retrouvent là par souci de loyauté envers tel ou tel réalisateur. Comme ce fut le cas la semaine dernière de constater que Scare Out, retiré de l’affiche après une semaine, était signé Zhang Yimou. Mais bon. Pour les autres films, moins de circulation, en attendant des jours meilleurs.

Nous sommes à une époque où, en matière de menus cinématographiques, et c’est partout dans le monde, les scénaristes hésitent souvent dans leur travail d’écriture, les réalisateurs se trompent parfois royalement.

Il semblerait que le premier quart du nouveau siècle n’a pas été assez long pour qu’on puisse arriver à une sorte de renouveau intellectuel et créateur pour souligner le « nouveau cinéma mondial ».

Est-ce dû aux conflits mondiaux, aux changements climatiques, aux rapports sociaux, à des sociétés extrêmes, à un centrisme considéré comme inadéquat ? Toutes ces choses ensemble, sans aucun doute.

Élie Castiel
Rédacteur en chef