Le Point |.| 12
du Ven 20 au Jeu 26 mars 2026
Oscars 2026
Au hasard des moments
Les Oscars, entreraient-ils dans une nouvelle phase, avec des comités votants de plus en plus jeunes, ouverts aux nouveaux comportements sociaux en matière de culture, et plus particulièrement la mouvance cinématographique.
Si on se fie à l’Oscar du Meilleur film attribué à One Battle After Another (Une bataille après l’autre) du talentueux Paul Thomas Anderson (qui, quand même a déjà fait mieux), substituant son regard vers un cinéma plus grand public, on peut s’accorder que la Planète-Hollywood se dirige vers une clientèle au box-office plus variée : cette combinaison d’allier approche formelle avec scénario moins compliqué. MON meilleur film : Train Dreams (Rêves de train), de Clint Bentley, un cinéaste qui continue de croire que les spectateurs et spectatrices sont intelligents, surtout après son excellente coscénarisation de Sing Sing, de Greg Kwedar.

Train Dreams
Au Québec, peut-être moins au Canada, le Meilleur film international résonne attentivement dans notre esprit. Cette année : Sentimental Value (Valeur sentimentale) de Joachim Trier. Magnifique film, mais du point de vue des Oscars, une façon intelligemment neutre de ne pas s’engager dans des gros morceaux comme The Secret Agent/L’agent secret, It Was Just An Accident/Un simple accident (déjà palmerisé), Sirât (trop artistique ?) ou encore, La voix de Hind Rajab/The Voice of Hind Rajab/Sawt Hind Rajab (également maintes fois récompensé ailleurs). Autrement dit, pas d’engagement politique. La politique, c’est pour les autres. Mais qui sont les autres ?
Il y a eu, comme toujours, l’Hommage aux disparu(es) avec, cette année, quelques omissions : mauvais pas ou non ? Par les temps qui courent et les affres des réseaux sociaux, une des nouvelles plaies de ce monde, mais pas que, Robert Carradine, Richard Chamberlain, Bud Cort, ceux-ci ignorés de l’esprit des oscarisants, ou presque. Et bien entendu, Brigitte Bardot, qui malgré des choix politiques de droite, demeure tout de même une icône incontournables des années 1960, à la beauté intemporelle, comme c’est le cas de la toujours de rigueur Audrey Hepburn. On ne saura jamais le pourquoi de ces absences ou peut-être bévues ?

Brigitte Bardot, dans La vérité
Parmi les consécrations, celle de Michael B. Jordan, qui le mérite bien fort, mais pas le film qu’il représente, Sinners (Pécheurs) de Ryan Coogler, pour le genre, efficace, mais on peut se demander ce qu’il faisait dans la liste des films oscarisables.

It Was Just an Accident
Quelle que soit notre idéologie politique, peu importe, le « Free Palestine » de l’Ibérique Javier Bardem, neveu de Juan Antonio Bardem, un important cinéastes espagnol du siècle dernier. Ses deux mots prononcés avec une emphase sans nuances a plu à une partie du public. Mais bon – Étrangement, et c’est ironique de ma part, même si je suis de tendance centriste (quel Hérésie !), rien sur le Hamas, sur le Hezbollah et bien entendu, comme on peut s’y attendre de sa part, le 7-octobre 2023.
Aux propos de Timothée Chalamet avant bien avant les Oscars concernant l’Opéra et le Ballet, Steven Spielberg rappelait de l’importance de ces deux disciplines artistiques dans le cinéma. Réponse bien sûr à notre Chalamet opportuniste et grandiloquent qui n’a ni la stature, ni la voix, ni le physique pour l’un ou pour l’autre. Ce qui n’empêche pas que dans Marty Supreme (Marty Suprême), du talentueux Josh Safdie, de parents Juifs, la mère, de Russie, le père, de Syrie. Comme quoi, les origines lointaines peuvent, elles aussi, influencer la façon dont on construit un film – il méritait haut la main le Prix d’interprétation.
Élie Castiel
Rédacteur en chef
