Le train

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 24 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Agathe, une jeune fille asthmatique, grandit au Québec dans les années 1960 et 1970 avec sa mère Thérèse. Sa vie est transformée lorsqu’elle rencontre Frank, un écrivain qui ouvre de nouvelles possibilités surprenantes pour son avenir.

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★ ½

Souvenirs

teintés

de poésie

 

Ce premier long métrage de Marie Brassard, surtout comédienne et femme de théâtre, brille notamment par son mélange de réalisme circonspect, plus au niveau de la prudence que du pessimisme, et de poésie diaphane, ce côté lyrique, romantique même qu’on invente, qu’on s’invente. Pour raconter le souvenir, le passé, le présent qu’on veut le plus radieux possible. Brassard, dans cette sorte d’album quasi personnel évite à tout prix l’autobiographie en créant la fiction. Elle réussit, même si par-ci, par-là, on note quelques hésitations quant à la tournure des évènements qui, parfois se chevauchent pour ensuite se raccommoder. Et un ou deux anachronismes.

Pour bien arriver à ses fins, elle bénéficie de la présence d’une Larissa Corriveau exemplaire. La Corriveau, si on peut se permettre de l’appeler ainsi – aucun rapport au mythe québécois célèbre – est un visage photographique et cinématographique, une photogénie inexplicable qui transmet diverses tonalités d’émotions et de sensations issues de l’âme. Marie Brassard a bien retenu ces caractéristiques de l’actrice pourtant difficilement accessibles à l’œil nu si ce n’est que par le truchement d’une caméra amoureuse régie par Mathieu Laverdière, au diapason de la réalisatrice. Appuyé aussi par la musique onirique d’Alexander Macsween, où le mythe rejoint aussi bien le réel que l’imaginé.

Un rapport éthéré au réel.

Force est de souligner à gros traits la présence de Électra Codina Morelli, comme une sorte de continuité maternelle (Corriveau). Magnifiquement belle, prudemment ingénue, car inventant ses propres préceptes de l’amour romantique avec une aisance des plus inattendues.

Et ce train du titre aux multiples interprétions ; le concret de la mémoire, mais aussi celui de « la vie », un voyage fait d’allers et de retours ; pour la comédienne devenue réalisatrice, une « fuite en avant » où elle est en plein contrôle des possibles tenants et aboutissants.

Et une finale ineffaçable où tous ces codes inventés par Brassard se justifient aux yeux des spectateurs. Nul doute que la « jeune » cinéaste poursuivra son chemin cinématographique. Du moins, on ne peut que le souhaiter.

Et ce train du titre aux multiples interprétions ; le concret de la mémoire, mais aussi celui de « la vie », un voyage fait d’allers et de retours ; pour la comédienne devenue réalisatrice, une « fuite en avant » où elle est en plein contrôle des possibles tenants et aboutissants.

Le train est aussi un film délicieusement sensuel, quelque chose qui ne devrait pas nous échapper.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Marie Brassard

Scénario : Marie Brassard. Direction photo : Mathieu Laverdière. Montage : Amélie Labrèche. Musique : Alexander MacSween.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 1 h 45 min
Langue(s)
V.o. : français
Le train

Marie Brassard

Dist. @
Axia Films
Contact @
[ microclimat ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
 Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]