L’étranger

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 16 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Alger, 1938. Meursault, un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, une collègue de bureau. Puis il reprend sa vie de tous les jours. Mais son voisin, Raymond Sintès vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb.

 

Dans

la chaleur

et

la froideur

de

l’été

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★ ½

 

Trois versions du même Albert Camus, dont celle-ci, la troisième est la plus prometteuse et hautement intéressante, principalement en raison de sa sécheresse que le procédé noir et noir et blanc attise davantage.

Ce qui, dans un sens, nous permet de comprendre l’anti-héros du récit, un homme sans prénom, seulement un nom, Meursault, comme de nulle part.

Amorphe, sans émotion, lié à ceux qui l’entourent dans une sorte de nouveau modèle social sans âme. Et c’est à Benjamin Voisin (entre autres, Été 85 et Jouer avec le feu) que relève le défi de rompre totalement avec ses rôles différents pour encadrer un nouvelle réalité dans le jeu d’interprétation. Promesse totalement tenue avec un radicalisme triomphant.

Et qui entre entre contact avec le récit de Camus, inadaptable à l’écran car même le grand Visconti s’est un peu cassé la gueule, même Mastroianni, Marcello de son prénom faisait du mieux qu’il pouvait pour rendre son personnage crédible.

Parti pris radical de la part de Ozon, habitué à d’autres propositions. Même si dans la plupart, l’homoérotisme conquérant fait partie son œuvre.

Une érotisation assumée.

Ici, c’est dans sa façon de filmer les corps, autant féminins que masculins que la caméra caresse avec une palette remarquable, comme s’il s’agissait d’une sculpture qui pourrait se fracasser.

Et puis une courte séquence, rêvée, imaginée, avant le sort qui attend Meursault, alors qu’il rencontre sa mère (elle a un prénom, Catherine, brillamment rendue émouvante par Mireille Perrier). Ici, Ozon et Voisin succombent à la tentation de remplacer la froideur du film pour se livrer, le peu de temps que dure la séquence, à un jeu classique.

Entre la description de l’état désordonné de l’inconscient et l’exaltation du désir, L’étranger de François Ozon est un film libre, tout à fait personnel, intime si l’on observe de près, et plus que tout, conforme à son cinéma.

La présentation d’un film avec Fernandel avec, parmi les spectateurs, Meursault et sa nouvelle amie Marie Cardona (très efficace Rebecca Marder) dans un cinéma d’Alger (anachronisme lorsqu’on observe des fauteuils contemporains, alors qu’à la fin des années 30…) renvoit au cinéma hexagonal de cette époque à qui Ozon emprunte certains codes, tout en modernisant l’ensemble.

On rappellera que dans le récit de Camus, l’arabe victime de Meursault n’a ni nom ni prénom ; dans le Ozon, il s’appelle Moussa, lui aussi homoérotisé, même dans son ultime combat entre la vie et la mort.

Entre la description de l’état désordonné de l’inconscient et l’exaltation du désir, L’étranger de François Ozon est un film libre, tout à fait personnel, intime si l’on observe de près, et plus que tout, conforme à son cinéma.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
François Ozon

Scénario : François Ozon, Philippe Piazzo; d’après le roman d’Albert Camus. Direction photo : Manu Dacosse. Montage : Clément Selitzki. Musique : Fatima Al Qadiri.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 2 h 02 min
Langue(s)
V.o. : français
L’étranger

François Ozon

Dist.
Immina Films
Contact & Prod.
[ Gaumont ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]