Luis Riel ou Le ciel touche la terre

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 27 juin 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les derniers mois du chef métis avant son exécution.

 

CRITIQUE
Luc Chaput

★★★ ½

Ombres

et

lumière

Un prisonnier reçoit la visite d’un prêtre qui lui ordonne de revenir dans le droit chemin tracé par l’Église.

Louis Riel, chef métis, longtemps figure clivante au Canada, a eu droit à plusieurs œuvres artistiques dont une télésérie biographique de la CBC-SRC en 1979. Le réalisateur canado-mexicain d’origine française Matías Meyer se concentre sur les mois entre sa condamnation et son exécution plusieurs fois reportée et sur les effets que cela a sur son état d’esprit. La mise en scène se déploie sur deux lieux, la petite prison où Riel est incarcéré et les environs champêtres qu’on lui permet de parcourir sous bonne garde et avec chaînes aux jambes et boulet, ce qui réduit de beaucoup ses possibilités de mouvement. Le scénario du cinéaste et d’Alexandre Laferrière est distillé à partir des nombreuses pages de ses écrits, brouillons et ratures que l’administration pénitentiaire colligeait avec diligence.

Un des premiers plans du film qui confirme d’emblée sa conception formelle.

La cinématographie de François Herquel, en format 4:3 et en un précis noir et blanc, orchestre les ombres et la lumière dans des rapports différents en fonction de l’extérieur ou de l’intérieur de cette geôle exiguë. Les rayons du soleil s’immiscent dans cet endroit sombre et la lune s’invite quelquefois. Un moment du soir à la lueur de la chandelle avec ses gardiens contient une grande évocation picturale, soulignant le rapport plus humain entre ceux-ci et le détenu. Le séjour de Riel oscille entre les rencontres et les lettres qu’il continue d’envoyer. L’ambivalence de Riel face à son statut de prophète et sa place dans le giron du catholicisme sous-tend tout ce portrait animé par les discussions avec l’aumônier André.

Cette plongée monacale dans le destin d’un condamné à mort qui ne s’est pas échappé incitera peut-être certains à redécouvrir l’importance des Métis dans l’histoire de nos Amériques.

Le cinéaste reprend ici à propos d’un individu la représentation qu’il avait donnée pour un groupe défait dans Los últimos cristeros (The Last Cristeros) de 2011. Ce mouvement important du XXe siècle mexicain est d’ailleurs le sujet central du travail de l’historien Jean Meyer, père de Matías et auteur d’une biographie très fouillée du chef métis.

L’interprétation de Matías dans le rôle principal insuffle une gravité à son long métrage. Il est d’ailleurs bien épaulé entre autres par Marc Antoun en père Alexis André. Cette plongée monacale dans le destin d’un condamné à mort qui ne s’est pas échappé incitera peut-être certains à redécouvrir l’importance des Métis dans l’histoire de nos Amériques.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Matías Meyer

Scénario : Matías Meyer. Direction photo : François Herquel. Montage : Matías Meyer. Conception sonore : Federico Schmucler.

Genre(s)
Chronique biographique
Origine(s)
Mexique / Canada [Québec]
Année : 2024 – Durée : 1 h 23 min
Langue(s)
V.o. : français, anglais; s.-t.f.
Louis Riel or Heavens Touches the Earth

Matías Meyer

Dist. [ Contact ] @
La Distributrice de films
[ LUC la película de R.L. ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée
Cinémathèque québécoise
[ Dès le vendredi 4 juillet 2025 ]

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]