Lumière, L’aventure continue

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 4 juillet 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Tout était déjà là, les plans, les travellings, le drame, la comédie, le jeu des acteurs. Grâce à la restauration de plus de 120 vues Lumière inédites, le film nous offre le spectacle du monde au début du siècle dernier et un voyage stimulant aux origines d’un cinéma qui ne connaît pas de fin.

Le FILM
de la semaine

CRITIQUE
Élie Castiel

★★★★

Ces hérauts des

« vues » en mouvement

 

Suite à Lumière, l’aventure commence (2020), l’Homme de Cannes et directeur général de l’Institut Lumière, un des producteurs de cette suite également, poursuit un voyage encore plus fascinant.

Cette fois-ci, un véritable labeur d’orfèvre au nom d’une passion pour le cinéma comme parfaite représentation de la vie. Une fenêtre ouverte sur le monde. À partir de plus d’une centaine de « vues » (dans ce contexte, les images s’appelaient alors ainsi), en grande partie, inédites, c’est en quelque sorte au cinéma tel qu’il se projette aujourd’hui, ou du moins ce que l’on retient des sources de son inspiration. Les plans, les cadrages, les plans-séquences, ces longues prises sans coupes qui donnent une continuité relative au récit, l’art de l’interprétation, de l’improvisation, le images du réel ou si vous préférez le cinéma documentaire, et on observant de près, un ancêtre respectable du film de genre. Et tout cet amalgame de trouvailles inusitées dans une pellicule exemplaire, sans grain, sans taches ou marques abruptes d’usage.

Une odyssée captivante qui, pour éviter la formule « nous rive à notre siège », pris par l’émotion, mais dans le même temps voyageant à travers une époque où l’évolution, voir création technique atteint un niveau quasi de perfection, renvoit notre regard actuel à une prise de position sur l’Histoire du cinéma, un exercice intellectuel que nous avions perdu de vue, trop pressé par le temps et surtout toutes ces images de tous formats et acabits qui envahissent notre quotidien. Au point où plus rien ne se déguste pleinement.

La mise en scène privilégie tous les détails du plan.

Mais aussi, par le petit bout de la lucarne, un coup d’œil d’antan sur l’émancipation du marketing dans le cinéma, la publicité, le moyen d’amener les foules au cinéma. De nos jours, et non seulement à Hollywood, moyen de survie des films, de plus en plus nombreux à l’échelle internationale.

Sur le cinéma d’auteur, dont on attendra quelques décennies avant d’admirer les Godard, Truffaut et autres tenants de la Nouvelle Vague, comme aussi avant eux, les Ozu ou les Visconti de la première heure, le film de Frémaux regorge d’exemples. Dans un sens, le cinéaste, par cette lettre d’amour au cinéma, ne fait que propager l’idée selon laquelle créer un film est une question de passation, ou mieux dit de transmission.

Le narrateur, c’est Frémaux lui-même, non pas par opportunisme mathématique, mais mettant en évidence sa connaissance du sujet. Tout compte fait, il peut se le permettre sans même de détour pédagogique.

Les Frères Lumière, des héros devenus hérauts ; comme référence et plus proche d’eux, il exploitent la connaissance de la peinture, voit en ces œuvres figées dans le temps, la possibilité de les animer et les mettre au service du commun des mortels qui, se voyant à l’écran, ne peut que s’assurer du caractère pérenne de son existence.

En parfait état de présentation, ces anciennes images en mouvement deviennent actuelles ne serait-ce que le temps que dure la projection. Intactes. Elles affectent notre regard, imposent une idée du passage du temps, mais plus que tout, malgré le court épisode sur l’Américain Thomas Edison, confirme, avec orgueil sans préjugé, la suprématie des Lumière quant à la naissance du cinéma et notamment son essence pérenne.

Pour que tous ces ingrédients filmiques fonctionnent selon les préceptes de la proposition, une musique appropriée, des pièces bien précises tirées du répertoire de Gabriel Fauré où le romantisme assumé se juxtapose comme par enchantement à des tonalité plus éthérées.

La narration, précise, tout en évitant des tours de passe-passe, devient du coup philosophique, le tout dit avec une clarté insoupçonnée et un amour singulier de la langue française.

En parfait état de présentation, ces anciennes images en mouvement deviennent actuelles ne serait-ce que le temps que dure la projection. Intactes. Elles affectent notre regard, imposent une idée du passage du temps, mais plus que tout, malgré le court épisode sur l’Américain Thomas Edison, confirme, avec orgueil sans préjugé, la suprématie des Lumière quant à la naissance du cinéma et notamment son essence pérenne.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Thierry Frémaux

Scénario : Thierry Frémaux. Narrateur : Thierry Frémaux. Montage : Jonathan Grayssials, Simon Gemelli. Musique : Gabriel Fauré.

Genre(s)
Documentaire
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 45 min
Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.
Lumière, the Adventure Continues

Thierry Frémaux

Dist. [ Contact ] @
Axia Films
[ Institut Lumière ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
 Cinéma du Musée
 Cinémathèque québécoise

Classement
GÉNÉRAL

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]