Lurker

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 29 août 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un employé infiltre le cercle intime d’un artiste en pleine ascension.

 

ÉTAT
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★ ½

 

Une 

nouvelle movida

made in USA

 

Présenté au récent Fantasia – on se demande d’ailleurs ce que Lurker faisait dans ce festival de films de genre – le premier long métrage d’Alex Russell déploie une force particulière dont les principaux ingrédients sont la mise en scène et un certain côté esthétique entre le camp et le démonstratif dans ce qu’il peut avoir de plus sensuel, du moins dans la façon dont certains jeunes cinéastes qu’on pourrait considérer comme issus d’un nouveau mouvement cinéphilique Made in USA le perçoivent. En toute sincérité, une jeunesse culturelle bohème aux attributs créateurs entre la provocation pure et simple, décomplexée, et un pied de nez aux régimes autoritaires dans une Amérique divisée.

Alex Russell est de cette nouvelle frange, et il exprime la sensualité d’aujourd’hui, désincarnée, froide, on pourrait même dire d’une forme presque indicible tant elle cache ses bonnes intentions pour, de préférence, se sentir bien à l’aise de ne pas dire son nom, de s’exprimer davantage. Cela tient surement du discours sur la sexualité, comme dans les rapports entre Paul et Oliver se font les témoins les plus privilégiés. Hésitation, refus pour l’un d’appartenir à une autre orientation sexuelle, même s’il s’agit de bisexualité, ou carrément l’acte sexuel vu comme une sorte d’écueil à la bromance qui n’ose pas dire son vrai nom , un facteur embarrassant.

À partir du moment où ça s’arrête là.

Du fait, la relation entre Paul (Théodore Pellerin, sans doute l’acteur québécois le plus poly sexualisé de sa génération dans la sphère culturelle d’ici, et qui assure une performance unique et sentie) et Oliver (Archie Madekwe ; il était de Gran Turismo) et ici, où il invente toute une panoplie de codes d’interprétation qui vont de l’excès jusqu’à la folie passagère – est faite de va-et-vient incessants qui désorientent les spectacteurs plus qu’elle ne les afflige.

Oui, bien sûr, impossible de ne pas penser à All About Eve, le chef-d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz. Mais malgré que Lurker n’arrive pas à la hauteur du film d’un certain âge d’or du cinéma américain, il n’en demeure pas moins qu’il procure, du moins pour le critique et on l’espère, plusieurs spectateurs, un engouement qui le pousse à suivre les nouvelles démarches en termes de création cinématographique. Autrement dit, être de son époque.

Pellerin, dans ce sens, est un visage, un miroir sans tain qui laisse les divers traits, du plus opaque au plus défini, transparaître à travers une série de variations faciales psychologiques, vraiment, un cas à part, et très photo-ciné-génique.

Dans le récit, il jobine dans une boutique de vêtements dernier-cri pour branché(es), mais il voudrait un futur plus ambitieux. Oliver est une vedette de la musique pop qui finit par l’accepter dans son cercle intime d’amis, la plupart des pique-assiettes. Oui, bien sûr, impossible de ne pas penser à All About Eve, le chef-d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz. Mais malgré que Lurker n’arrive pas à la hauteur du film d’un certain âge d’or du cinéma américain, il n’en demeure pas moins qu’il procure, du moins pour le critique et on l’espère, plusieurs spectateurs, un engouement qui le pousse à suivre les nouvelles démarches en termes de création cinématographique. Autrement dit, être de son époque.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Alex Russell

Scénario : Alex Russell. Direction photo : Pat Scola. Montage : David Kashevaroff. Musique : Kenny Beats.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.
L’intrus

Alex Russell

Distributeur @
Film Service Supérieur
Contact @
[ MUBI ]

Diffusion @
Cineplex
Cinéma du Parc
 [ Dès le vendredi 5 septembre ]

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]